04/05/2007

Après le débat : les oublis et les erreurs

Mercredi soir, 20 millions de téléspectateurs ont regardé le débat Royal-Sarkozy. Après la forte participation du 22 avril, cette donnée confirme le regain d'intérêt des Français pour les enjeux politiques.

Il y a bien une confrontation entre deux façon de concevoir le pouvoir, deux programmes, deux systèmes de valeurs. Et pour le citoyen il y a un vrai choix. Les enjeux du scrutin ne sont pas dissimulés. Le débat aura permis de mettre en lumière des différences importantes entre les deux candidatures.

Toutefois, sur la forme, il y avait pour les deux des postures qui avaient été soigneusement préparées avant l'émission : la combativité de Ségolène Royal, la tactique de retrait de Nicolas Sarkozy. On peut penser qu'elles ont parfois surdéterminées les interventions sur le fond.

Beaucoup d'inexactitudes ont d'ailleurs été prononcées par les deux candidats : sur l'énergie, l'intégration des élèves handicapés, la sécurité et la justice,... Parfois des erreurs importantes, imputables ici à la réthorique, là à la méconnaissance du sujet.

Ce sont aussi des sujets majeurs qui passent à la trappe : tout le monde a repéré que les banlieues n'étaient pas évoquées, ce qui a quelque chose de fort curieux. La santé et la sécurité au travail, la biodiversité, l'épuisement des énergies fossiles, la politique de défense.... figurent également au tableau des grands oubliés.

Finalement, cette campagne présidentielle a été bien longue, mais le nombre de débats contradictoires de ce type aura été bien trop limité.

01/05/2007

Le monde du travail, promesses et réalités

medium_P1000693.jpg Aujourd'hui, premier mai, journée des travailleurs (photo : manif à Amiens ce jour). C'est l'occasion de revenir sur les mutations qui sont à l'oeuvre dans l'organisation du travail aujourd'hui.

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"Travailler plus pour gagner plus". Avec ce slogan simpliste, Nicolas Sarkozy fait miroiter aux Français que chacun va pouvoir faire son petit pecul dans son coin en faisant des heures supplémentaires. L'idée séduit un certain nombre de nos concitoyens et pour cause : beaucoup ont du mal à joindre les deux bouts et cherchent à conserver un niveau de vie correct. Le prix du logement a explosé, le prix des déplacements est en forte hausse, les cotisations pour les retraites commencent à grimper avec l'application des réformes Fillon. Le tout dans un contexte général d'inquiétude par rapport à l'avenir pour soi, pour ses enfants, pour des proches... on peut donc comprendre qu'individuellement des personnes soient tentées de prendre ces heures supplémentaires qu'on leur propose comme une planche de salut, à défaut d'autre chose.

Nicolas Sarkozy, en parfait démagogue, s'adresse aux gens dans leurs préoccupations quotidiennes, sans se soucier des conséquences sur l'ensemble de la société. Il ne défend pas un projet de société global mais diffuse une série de réponses sur le travail, la sécurité, la fiscalité... qui concernent les gens individuellement. JE vais payer moins d'impots, JE vais payer moins de cotisations sociales, JE vais pouvoir être payé sur des heures supplémentaires, ... mais les conséquences sur l'endettement de l'Etat, sur les systemes de solidarité, le chomage des jeunes et le chomage de longue durée, l'augmentation de la pénibilité du travail, ou encore sur notre environnement... tout cela est renvoyé à d'autres horizons. Pas étonnant que la dette publique se soit autant creusée sous la droite avec une telle inconséquence. Il n'est pas davantage surprenant que le bilan en matière de protection de l'environnement soit aussi mauvais sous la droite, avec un "plan climat" complètement creux. Après nous le déluge...

Derrière cette exhaltation des heures sups, c'est comme d'habitude une division du pays en deux à partir d'idées reçues dignes de la discussion du bistrot du coin : "Notre pays est devenu celui qui travaille le moins en
Europe. Nous ne pouvons pas continuer sur cette voie" affirme sans rire le projet Sarkozy. On passera sur la dévalorisation implicite de l'action citoyenne et bénévole. Mais il est intéressant de se pencher sur les réalités du productivisme, afin de vérifier si la France est endormie à côté du travail supplémentaire à effectuer comme le prétend le candidat de l'UMP.


DEUX CARACTERISTIQUES FRANCAISES : PRODUCTIVITE ET CHOMAGE ELEVES

La France se caractérise par un niveau élevé de chômage. Même si l'INSEE bute sur la publication des chiffres, il est bien un problème majeur en France par rapport aux autres pays Européens. Les critères du BIT (Bureau international du Travail) retenus par Eurostat pour comparer les différents pays européens montrent bien le malaise français : 9 % de la population active est au chômage dans le pays (8,4% en Allemagne, 4,8 % au Danemark et au Royaume Uni, 8,6% en Espagne) , avec un taux très elevé de 22,4% de chômage chez les jeunes (14,2% en Allemagne, 7,5% au Danemark, 12,9% au Royaume uni, 18% en Espagne).

Le France se caractérise simultanément par une productivité remarquable des salariés. Le niveau de production évalué par le BIT était en 2003 de 52.000 dollars par salarié en France. La quatrième producivité au monde derrière les Etats-Unis, la Belgique et l'Irlande. Loin devant le Royaume Uni (45.000 dollars), l'Allemagne ou le Japon (42.000 dollars), et même la Suisse (39.000 dollars).

LES SALARIES SONT DAVANTAGES SOLLICITES AU PLAN PHYSIQUE ET PSYCHOLOGIQUE

Cette productivité française concetrée sur une part plus réduite de la population active n'est pas sans impact sur les conditions de travail et la qualité de vie des salariés. Ceci est mesuré par la DARES (Statitiques du ministère de l'emploi) qui relève dans son enquête 2006 que la pression liée au temps, à la pénibilité du travail, aux changements d'organisation, au contrôle du travail... continue d'augmenter chez les ouvriers . Ce phénomène a fortement augmenté entre 1984 et aujourd'hui. Ainsi 53% des salarié estiment que leur travail est imposé par "une demande extérieure à satisfaire immédiatement", alors qu'ils n'étaient que 28% en 1984. 25% des salariés ont "un rythme de travail imposé par des normes ou des délais de production à respecter en une heure ou plus" ; 5% étaient dans ce cas en 1984.
L'aggravation de la pression au travail croit avec celle de la pénibilité physique pour les salariés les moins qualifiés. En 2005, 64% des salariés non qualifiés déclarent "devoir porter ou déplacer des charges lourdes" contre moins de 40% en 1984. Et cet indice s'inscrit dans une hausse générale d'une pression physique au travail, qui est mesurable entre 1998 et 2005. le Taux de salariés déclarant "faire des mouvements douloureux ou fatigants" passe de 34 à 36% en moyenne, (soit 2% de hausse en moyenne, mais +7% chez les non-qualifiés). +7% également de salariés qui déclarent avoir un "rythme de travail imposé par des délais à respecter en une heure ou plus" entre 1998 et 2005. Le livre de Philippe Askenazy, Les désordres du travail (Seuil, République des Idées), a bien analysé cette évolution productiviste.

Chacun peut visualiser le travail de la caissière d'un supermarché. Elle va déplacer des milliers d'objets, de la brosse à dents jusqu'au pack promo de soda de 9 kilos, pour atteindre un total journalier de deux tonnes de marchandises déplacées et soulevées. Le tout en manipulant les objets pour trouver des codes-barres, saisir des données,... La pénibilité de ce travail s'est fortement accrue ces dernières décennies, et cela reflète une tendance générale du travail des salariés qui n'est pas visible. Elle se traduit par une hausse des troubles musculeux-squelettiques chez les salariés (mesurée en 2003 en région Pays de la Loire : ces pathologies dues à la manipulation d'objets lourds et aux gestes répétitifs concernaient 11% des hommes et 15% des femmes interrogées).

L'enquête SUMER réalisée par des médecins du travail pour les statiques du ministère du travail (DARES) permet également de constater une hausse continue de l'exposition aux produits chimiques pour les salariés du secteur privé (1 sur trois)... et une exposition à des produits cancérigènes pour 2,4 million de personnes (sur lesquels 42% le font sans protection pour au moins un produit). Ce ne sont pas seulement de nouvelles formes d'organisation qui changent la nature du travail, mais des environnements dégradés dus à l'utilisation de nouveaux produits toxiques dans les chaines de production. Le scandale de l'Amiante a mis en évidence ce phénomène : les fibroses dues à l'amiante ont été constatées chez des ouvriers des filatures dés 1906, mais il faudra attendre 90 ans pour que l'amiante soit interdit définitivement. Mais il ne doit pas masquer une augmentation continue de l'exposition à des produits toxiques toujours plus nombreux et diffus.

Pression physique, exposition à de nouveaux risques, mais aussi pression morale. Les suicides récents au technocentre Renault de Guyancourt, à la centrale EDF de Chinon ou au restaurant Sodexho de St Priest ont mis en évidence des phénomènes aggravés de stress au travail, qu'il serait trop simpliste de résumer au "harcellement moral". C'est plus globalement la quantité de travail et la gestion du temps, la difficulté à faire face, l'augmentation des contraintes d'organisation et des sollicitations permanentes d'adaptation en flux tendus qui génèrent un stress envahissant et un parfois un sentiment d'échec.

UNE NOUVELLE ORGANISATION DU TRAVAIL... QUI PERMET DE CONTOURNER TOUTE POLITIQUE DE PREVENTION

Depuis 20 ans, les entreprises ont davantage recours à des entreprises de sous-traitance pour assurer la maintenance de leurs matériel. Il s'agit également d'une externalisation des risques et des modalités de prévention... qui s'avèrent largement insuffisants. Le site Novethic a consacré un article fort intéressant à ce problème. Ce nouveau secteurs d'activité (450 000 salariés travaillent en France dans la maintenance, dont 250 000 dans le secteur industriel et 200 000 dans l’immobilier et le tertiaire) est fortement accidentogène (le double de la moyenne nationale), et le taux d'occurence de maladies professionnelles est dix fois plus élevé que la moyenne nationale. Qu’il travaille pour un prestataire ou dans un service interne aux entreprises, un salarié de maintenance est plus exposé aux risques qu’un collègue en poste en production. La diversité des interventions (polyexposition), souvent conduites sur des équipements en fonctionnement (entre 4 et 6 interventions différentes par jour pour un technicien de maintenance), expliquent en grande partie ce facteur risque, propre à ces métiers." note l'article de Novethic. La sociologue Annie Thebaud-Mony, auteur de "Travailler peut nuire gravement à votre santé" (La découverte) estime que « Nous assistons à une déstructuration du droit du travail. Les contraintes qu’imposent les donneurs d’ordre sur les sous traitants rendent difficiles l’établissement de véritables plans de prévention. Ce sont ces contradictions qui génèrent les accidents."

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L'augmentation du temps de travail avec des heures supplémentaires pour quelques salariés est-elle une réponse à ces réalités ? Elle constitue au contraire une fuite en avant. Là où il faudrait avoir un effort soutenu pour mieux partager le travail (notamment en direction de la jeunesse), pour améliorer le dialogue social dans l'entreprise, pour améliorer la qualité de vie des salariés, développer les secteurs de la prévention sanitaire, le bien-être... Nicolas Sarkozy propose seulement de travailler davantage à quelques uns. Et il propose en outre de supprimer les cotisations sociales sur ces heures, ce qui revient à programmer un "travail au noir légal". Pendant ce temps le chomeur restera chomeur, et les caisses de la sécurité sociale seront privées de recettes tout en devant faire face à de nouvelles pathologies. Cette politique est celle de l'inconséquence : l'impact sur la santé, sur l'environnement, sur la dette publique ou celle de la sécu... est simplement externalisée, et ses conséquences sont renvoyées à plus tard. Chacun pour soi, mais pourtant chacun est concerné par l'effet bommerang de cet aveuglement pour la société.

Il s'agit simplement de savoir s'il s'agit de réduire les écarts et les inégalités, où s'il faut les constater voire les encourager. C'est le choix entre gauche et droite et il est manifeste pour cette élection présidentielle.

26/04/2007

Amiens - Réunion publique de soutien à Ségolène Royal

Réunion publique de soutien à Ségolène Royal
avec des représentants locaux du PS, du PCF, du PRG, des VERTS,...

vendredi 27 avril
20h30
Salle Dewailly, Amiens

23/04/2007

Au second tour, je vote Royal

Le résultat du premier tour de l'élection présidentielle a ceci de positif qu'il permet d'avoir un vrai choix entre la droite et la gauche, à l'issue d'une participation démocratique sans précédent.

Comme beaucoup de citoyens, à l'annonce des résultats, j'avais encore hier soir en mémoire le résultat cauchemardesque du 21 avril 2002. C'est ce que les Français n'ont pas voulu revoir en plaçant largement en tête les candidats des deux principaux partis. Un cycle calamiteux se termine.

Dans la vague de ce vote utile massif, les autres candidats sont laminés, sauf Bayrou et Besancenot. La candidature Voynet récolte ici le plus mauvais score à la présidentielle depuis René Dumont en 1974. Un résultat decevant mais sans surprise. Cela donne t-il une photographie exacte de ce que veulent ou pensent les Français ? On peut en douter. Le traditionnel "au premier tour, on vote pour ses idées" est battu en brèche par un vote plus tactique des citoyens "au premier tour, on vote pour avoir un vrai choix au second". C'était sans doute une étape incontournable pour remettre la démocratie sur ses pieds.

Ceci étant, des enjeux essentiels tels que l'avenir presque immédiat de la planète et des générations qui sont déjà là restent sans réponse. Quid des questions devenues centrales du climat, de l'énergie, de la mondialisation,... C'est regrettable car ces réalités vont continuer à peser dans le quotidien de chacun, mais le premier tour de la présidentielle est achevé et il faut bien prendre acte du choix des électeurs à ce moment précis en misant sur les élections législatives pour corriger le tir.

Maintenant que la chose est entendue pour la présidentielle, il faut faire face aux enjeux du second tour. Quel est le choix ?

- la candidature de Ségolène Royal, qui peut rassembler à gauche et incarner la possibilité d'un changement, avec probablement une meilleure écoute sur les enjeux écologiques planétaires.

- la candidature de Nicolas Sarkozy, qui incarne une posture à la droite de la droite, porteuse d'inégalités et de discriminations, et qui va accentuer les pires errements de la politique de droite menée depuis cinq ans dans ce pays.

Pour ma part, le choix est fait. Je vote pour Ségolène Royal au second tour, dans l'espoir qu'elle soit victorieuse le soir du 6 mai.

14/04/2007

Les élus de gauche d'Amiens mobilisés

medium_P1000352.2.jpg Conférence commune des élus de gauche au Conseil municipal d'Amiens ce vendredi 13 avril. Nous avons dénoncé le double langage de Gilles de Robien : développant une image de modéré centriste à Amiens, soutenant l'UMP Sarkozy à Paris. Nous sommes revenus sur son bilan ministériel et sur l'absence de retombées positives pour Amiens (Voir la tribune commune publiée en février à ce sujet) .

Nous avons fait part de propositions sur l'école, les déplacements, le logement. Nous organiserons en commun un forum sur le projet municipal au mois de septembre.

Ci-dessous notre déclaration commune

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Les élus de gauche d’Amiens (MRC, PCF, PS, Verts)


Amiens, Vendredi 13 avril 2007


Face à Gilles de Robien, rallié au candidat UMP Nicolas Sarkozy :

Les élus de gauche mobilisés pour réussir à Amiens


A quelques jours de l’élection présidentielle, et à peine deux mois avant les élections législatives, les groupes de gauche ont souhaité s’exprimer en commun.

Nous soutenons des candidats différents au premier tour de l’élection présidentielle : Marie-Georges Buffet, Ségolène Royal, Dominique Voynet. Il s’agit d’orientations différentes qui doivent s’exprimer pleinement dans une compétition loyale au premier tour.

Au second tour, il s’agit de faire gagner la gauche face à une droite ultra-libérale et sécuritaire.

Localement, M. De Robien a choisi d’apporter son soutien au candidat UMP Nicolas Sarkozy qui incarne ce projet.

C’est un vrai virage politicien qu’il convient de mettre en lumière pour les Amiénois. L’image de droite modérée qu’il avait entretenu jusqu’alors est bien loin. Changeant de camp au gré des opportunités, ce ralliement de dernière minute trahit surtout un isolement politique après cinq années gouvernementales au bien piètre bilan.

Après cinq ans sous les gouvernements Raffarin et Villepin, que restera t-il de du bilan de Gilles de Robien ? Des réformes qui ont aggravé la spéculation immobilière et les inégalités (Loi Robien), qui se sont inspirées d’une logique conservatrice et anti-pédagogique (mesures sur l’éducation) ou qui tournent le dos au développement durable (arrêt des subventions d’Etat pour les transports collectifs).

M. De Robien déclarait récemment avoir « beaucoup fait pour Amiens » en tant que ministre. Les Amiénois n’en auront vu que le couvre-feu pendant les évènements en banlieue de l’automne 2005, alors que notre ville était peu concernée.

Il aura été le ministre du Contrat première embauche, et du dédain à l’égard de la mobilisation de la jeunesse.

Aujourd’hui, M. de Robien a choisi de reprendre son fauteuil de maire après avoir annoncé fin 2005 qu’il serait candidat à sa succession.

Soucieux de partir en campagne rapidement, il met à contribution les moyens d’Amiens métropole pour lancer une campagne de communication à grands frais, débarque la maire en exercice pour occuper le terrain un an avant l’élection, mais semble rencontrer des difficultés pour revenir dans sa circonscription.
Face à cette attitude, la gauche amiénoise reste déterminée à changer de majorité pour changer de politique à Amiens, mais elle n’entend pas bousculer les calendriers respectifs des organisations qui proposeront une alternative en 2008.

Chaque formation travaille actuellement au projet municipal pour Amiens. Le dialogue entre les formations de gauche est au rendez-vous, comme il est de règle entre les groupes de l’opposition municipale. L’espoir est donc présent à gauche pour les prochaines élections municipales.

Les groupes d’élus MRC, PCF, PS et Verts au Conseil municipal proposeront au mois de septembre 2007 un Forum pour réussir à gauche.

Il est indispensable que les différentes formations politiques se réunissent et prennent des décisions d’ici là. Les élus municipaux y contribueront et comptent faire du Forum de la rentrée un temps fort pour proposer un projet alternatif aux Amiénois.

Jacques GOFFINON (MRC)

Jacques LESSARD (PC)

Daniel LEROY (PS)

Christophe PORQUIER (VERTS)

01/04/2007

La bonne blague

Alors que N. Hulot et les associations de l'Alliance pour la planète se rassemblent aujourd'hui au Trocadero, Nicolas Sarkozy promet un Grenelle de l'environnement... et cela malgré un programme évalué comme très médiocre par les associations (8,5 sur 20). Si le projet est déjà mauvais, qu'en sera t-il de sa concrétisation s'il devait être élu ?

Certains font mine de croire cependant que cette pression démocratique suffira, quel que soit le candidat retenu in fine par les électeurs. C'est un leurre ou une blague de 1er avril ?

On voit mal comment N. Sarkozy pourrait être un relais du "pacte écologique" proposé par N. Hulot. Le candidat de l'UMP est partisan d'une croissance sans frein, d'une économie dérègulée, de la baisse des prélèvements obligatoires... ce n'est pas seulement une question de sensibilité aux thèses écologistes ou de communication, c'est une question de cohérence.

L'ensemble du projet de Nicolas Sarkozy dessine une aggravation des inégalités et une augmentation des tensions sociales. La puissance publique serait en retrait sur les questions économiques, mais à l'offensive sur les questions liées aux libertés publiques. Avec un pouvoir réglementaire et une fiscalité diminuées, difficile d'intervenir politiquement pour changer la donne. Tout cela ne fait pas bon ménage avec l'écologie et l'avenir de la planète.

Au passage, l'illustration nous en est donnée par Claude Goasguen, lors d'un piège télévisé où on peut voir jusqu'où il est prêt à aller pour faire entrer le développement durable dans les faits... Jugez plutôt sur cette vidéo .

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J'ai gardé une troisième blague de ce 1er avril pour la fin. Il s'agit du soutien du maire d'Amiens au candidat Sarkozy. Je trouvais que le silence du ministre de l'éducation nationale face à l'intervention policière de Belleville devant une école était un silence coupable . C'était en réalité un silence intéressé. La blague n'est pas si drôle, finalement.

M. De Robien se raccroche donc à Sarkozy après avoir choisi la déloyauté à l'égard de l'UDF et en étant plus isolé que jamais au gouvernement. Paradoxalement, c'est ainsi que le débat gagne en clarté avec un homme de droite pleinement classé à droite. J'ai fait part de ma réaction à ce sujet dans un communiqué (consultable ici) .