20.06.2007

Le temps de la refondation

Dimanche fut moins bleu que prévu, le contre-pouvoir à l'UMP est surtout rose, rouge, un peu vert ou orange. L'élection de quatre députés Verts - Martine Billard, Yves Cochet, Noel Mamère réélus et François de Rugy nouvellement élu à Nantes - est une excellente nouvelle dans ce contexte. J'ai aussi une pensée pour Aurélie Filippetti, amie élue en Lorraine sous les couleurs du Parti socialiste après avoir été chez les Verts. Mais l'UMP a néanmoins gagné, et cette situation d'opposition n'est pas réjouissante. Il faut songer à la façon dont l'alternative peut se mettre en place. Les appareils politiques doivent s'intérroger et se renouveller, c'est vrai pour tous les partis - dans l'idée d'une coalition majoritaire à construire demain - mais je me préoccupe d'abord de la refondation de l'écologie politique. Ce chantier est désormais ouvert. Une recontre a lieu à Tours le samedi 30 juin dans l'objectif de proposer une éco-refondation à tous les écologistes, pour dépasser les blocages structurels et erreurs politiques sur lesquels les Verts butent depuis plusieur années maintenant. La contribution "Pour un nouveau parti vert" est déposée dans ce cadre.

06.06.2007

La campagne continue

medium_panneauxboves.jpg La campagne continue sur le terrain, dans le canton de Boves et à Amiens. C'est l'occasion de nouvelles rencontres et de messages d'encouragements au fil des déplacements. Question qui revient souvent : "Pourquoi vous êtes de gauche ?" Pour moi , on est de gauche quand on veut que la politique prime sur l'économie et non l'inverse. Pour mettre en oeuvre des réponses aux problèmes écologiques, il faut des politiques : des financements et des règles. Demain un nouveau tract sera distribué sur la rue St Fuscien, et j'irai à la rencontre des parents d'élèves du quartier St Pierre. Un déplacement est également prévu à Sains-en-Amiénois et à Rumigny. medium_logofnht.jpg Je suis signataire pacte écologique de la Fondation Nicolas Hulot pour les élections législatives.

28.05.2007

Franchise médicale : Quel avenir pour la sécu ?

Avec lʼUMP, vous serez bien soignés… … si vous en avez les moyens. Contrairement à ce que veut nous faire croire la communication « sociale » du gouvernement, le programme de lʼUMP va mettre en difficulté bon nombre de personnes et familles aux revenux modestes. Pendant cinq ans de gouvernements Raffarin et Villepin, les députés UMP qui avaient une majorité écrasante ont creusé les inégalités. La santé est devenue plus coûteuse : tarifs de consultation plus élevés et pour laquelle le patient doit commencer à payer ; beaucoup de dépassements dʼhonoraires pour les soins — ce qui coûte entre 1 et 2 milliards directement aux patients. LʼUMP veut aller encore plus loin : • Instauration dʼune FRANCHISE pour les actes médicaux, cʼest-à-dire un montant annuel de dépense en dessous duquel lʼassurance maladie ne remboursera rien. Franchise qui, pour mieux décourager dʼengager des dépenses de premiers soins, ne sera pas remboursable par les assurances complémentaires. • Libéralisation des tarifs de consultation pour mettre les généralistes au même tarif que les spécialistes. • Baisse des impôts et des cotisations sociales, surtout pour les plus aisés. Cʼest-à-dire moins dʼargent dans les caisses de lʼEtat, avec le risque dʼune baisse des financements pour des services publics indispensables pour tous : santé, hôpitaux, environnement. Je refuse ces mesures injustes, économiquement inefficaces et dangereuses pour la santé publique. Je suis favorable à un plafonnement des dépassements dʼhonoraires. Je souhaite réformer le système à deux vitesses qui sʼest installé à lʼhôpital : soins plus rapides pour ceux qui paient des actes privés et file dʼattente pour les autres. Je souhaite une revalorisation des aides sociales concernant les personnes dépendantes et ceux qui les aident au quotidien. (tract distribué dans le cadre de la campagne des élections législatives dans la deuxième circonscription de la Somme)

27.05.2007

Une lettre de Jean-Pierre Têtu, conseiller général de la Somme

medium_P1000853.jpg Les Français ont choisi le 6 mai dernier un nouveau Président de la République. Après cette élection, je me félicitais de la forte mobilisation de nos concitoyens. Dans ce canton comme à Amiens, une majorité s’est portée sur la candidate de rassemblement à gauche au second tour. Les 10 et 17 juin prochains, avec les élections législatives, nous aurons à nouveau l’occasion d’exprimer par notre vote nos choix et notre volonté. Nous désignerons un député pour la 2e circonscription de la Somme, celle d’Amiens-Boves. Nous aurons alors l’occasion d’équilibrer les pouvoirs qui sont aujourd’hui détenus par un seul parti. Notre canton – Amiens sud, Pont de Metz – est en pleine mutation urbaine avec le regroupement des hôpitaux au sud d’Amiens et la densification de l’habitat (ZAC Paul Claudel, ZAC inter-campus, Boréalia, anciennement Europe-Amiens). Notre canton aura besoin d’élus vigilants : en effet le risque est grand, si on laisse faire le marché, de voir se développer un aménagement urbain de mauvaise qualité : augmentation des prix du logement entraînant une certaine forme d’exclusion ; équipements collectifs et transports en commun insuffisants ; abandon de certains projets comme celui des jardins ouvriers qui ne seront pas jugés rentables... Christophe Porquier s’est régulièrement impliqué à mes côtés en tant que conseiller municipal d’Amiens. Je suis sûr de trouver auprès de lui un appui dans mon action quotidienne de conseiller général, notamment pour un aménagement urbain de qualité. Les 10 et 17 juin, nous aurons la possibilité de choisir un député de gauche, un député qui a pris conscience de l’urgence écologique... Car les grands enjeux du siècle sont ceux de l’écologie : crise climatique, crise de l’énergie, augmentation des nuisances et des pollutions. Il est urgent de mettre en oeuvre des politiques publiques qui permettent d’y répondre, comme l’a proposé le pacte écologique de Nicolas Hulot. Car il est urgent de répondre à une France qui souffre : améliorer les conditions de travail et les rémunérations, investir dans de nouveaux secteurs d’activités, garantir une réelle égalité entre les hommes et les femmes dans les salaires et les carrières, lutter contre les discriminations... Car il est urgent de réformer nos institutions, de rénover la vie politique de notre pays, en élisant par exemple les conseils d’agglomération au suffrage direct... Aux élections législatives des 10 et 17 juin, Christophe Porquier, soutenu par les Verts et le Parti radical de gauche, est pour moi le meilleur candidat pour rassembler la gauche et l’écologie. Jean-Pierre Têtu Conseiller général d'Amiens Sud-Ouest / Pont-de-Metz

18.05.2007

Communication présidentielle, acte 1

medium_c_fromage_b.gif Malin Sarkozy... après avoir été désigné par l'UMP puis par les Français sur une ligne très à droite, il donne des gages d'ouverture à gauche avec la composition de ce gouvernement, et la visite du premier ministre dans un centre pour femmes battues. On peut toutefois rester songeur sur l'opportunisme de cet affichage tant il est lourdement appuyé, quelques semaines avant les élections législatives. On dirait qu'il s'agit de rassurer l'opinion pour éviter toute tentation de rééquilibrage des pouvoirs. La présence de Bernard Kouchner au ministère des affaires étrangères, de Martin Hirsch au poste de haut commissaire... est toutefois un enseignement. D'abord un enseignement sur l'état de la gauche, incapable de gagner au second tour et finalement incapable de retenir des personnalités dont la valeur est généralement reconnue (c'est plus partagé pour Kouchner). En l'état, le PS n'est pas capable de fédérer et de gagner. La cacophonie de ces dernières semaines entre Henri Emmanuelli, DSK, François Hollande ou Michel Rocard à propos de la stratégie du PS revèle des tensions internes qui empêchent ce parti de parler d'une voix forte, parce qu'on y courre après plusieurs stratégies à la fois. Le problème ne se pose pas qu'au PS, mais comme ce dernier a appelé au vote utile et qu'il prétend dominer à gauche, il devrait au minimum démontrer son utilité. C'est aussi un enseignement sur les médias, qui ont relayé massivement la communication Nicolas Sarkozy comme une évidence. Ainsi Christiane Taubira a formellement démenti toute approche concernant le gouvernement mais son nom a été cité. Le cas Kouchner n'a pas fait l'objet d'un examen de ses positions à propos de la guerre en Irak, qu'il avait soutenu. Martin Hirsch est dans la liste du gouvernement alors qu'il n'en est pas membre. Enfin, le footing et le yacht auront donné des images à une presse qui en est avide... parfois au détriment du fond, souvent en relayant sans filtre la communication officielle. On comprend mieux le phénomène Berlusconi quand on le vit en direct. Pendant que des images sans contenu défilent sous nos yeux. On attend de voir quelle sera la politique réelle du gouvernement. Il ne faut pas faire de procès d'intention, ce sont les actes qui comptent. Mais le souvenir de cinq ans de droite parlementaire UMP dominant l'Assemblée ne laisse pas le souvenir d'une approche ouverte et sociale. Pendant 5 ans, les députés UMP hégémoniques ont voté l'aggravation des inégalités, les restrictions de libertés publiques, fait de la parole environnementale sans actes et sans budgets (à ce sujet, voir le rapport sur cinq ans de d'écologie de droite vus de l'Assemblée nationale proposé par Yves Cochet et Barbara Pompili). Tout cela laisse penser que la tactique de communication de Nicolas Sarkozy à propos du gouvernement ressemble au morceau de fromage dans le piège à souris. On peut huler au piège, et faire du "tout sauf Sarkozy", mais si la souris a envie de manger le fromage, elle le croquera quand même. Ou bien il faut lui proposer un autre fromage, plus apétissant, et sans piège au dessus. C'est tout le travail de projet auquel doivent s'atteler les forces de l'alternative à Sarkozy : la gauche critique si elle clarifie la question de sa participation aux affaires, les socio-démocrates si le ps se refonde, les centristes s'ils s'orientent vers le centre-gauche, les écologistes s'ils se refondent. Ces forces ne sont pas encore prêtes pour cette élection ci, mais elles doivent former le contre-pouvoir à l'UMP, puis se poser la question de la coalition et du projet qu'il faudra lui opposer. Et il ne faudra pas attendre le dernier moment.

07.05.2007

Tout n'est pas perdu

Une tribune publiée aujourd'hui dans les pages "Rebonds" de Libération ****** Un appel pour une nouvelle alliance des Verts, du PS et du nouveau centre, qui ne pourra trouver un espace politique qu'en se tournant vers sa gauche. NON, TOUT N'EST PAS PERDU Daniel et Gabriel COHN-BENDIT, Jean-Yves LE DRIAN président PS de la région Bretagne, Jean-Pierre MIGNARD avocat, Joël ROMAN éditeur, Christiane TAUBIRA députée PRG. Aujourd'hui, nous sommes tristes, mais nous ne nous laisserons pas aller à maudire le peuple français, ni à souhaiter le pire pour notre pays. Un immense espoir vient d'être déçu. Nous respectons le verdict du suffrage universel et nous espérons que l'ivresse de la victoire ne conduira pas le vainqueur à mettre en oeuvre une politique de brutalisation de la société. Mais nous sommes aussi conscients que personne ne peut s'exonérer de la défaite de Ségolène Royal et prendre la candidate comme bouc émissaire de ses propres insuffisances. Sans doute des erreurs ont été commises. Mais la timidité gauchiste envers la perspective du gouvernement, la rigidité et la suffisance socialiste, la pusillanimité du centre sont les principales causes politiques de cette situation. Les premiers ont entretenu la suspicion sur la candidate socialiste. Les seconds, en s'accrochant à un projet socialiste davantage fait pour reconstituer l'unité du parti que pour offrir à leurs compatriotes un projet social-démocrate crédible, ont rendu impossible l'ouverture exigée. Les derniers enfin, en refusant d'appeler clairement à une alliance avec la gauche, ont sapé les bases de la nouvelle orientation politique qu'ils disaient vouloir construire. Malgré ces obstacles, Ségolène Royal a su incarner un espoir collectif immense. Aussi est-elle la mieux qualifiée pour poursuivre la construction de ce rassemblement nouveau qui devra s'affranchir des limites constatées durant la campagne présidentielle. Ce qui s'est esquissé à chaud, avec des atermoiements et à demi-mot dans la campagne d'entre deux tours de Ségolène Royal, doit être désormais repris, travaillé, prolongé et assumé. Les Verts doivent sortir de leur culture d'isolement et de leur paralysie interne, pour comprendre que les enjeux qu'ils portent sont compris bien au-delà de leur cercle et perçus comme cruciaux par une majorité de la population. La gauche antilibérale doit sortir de l'impasse dans laquelle l'a conduite tout refus pratique de gouverner. Le Parti socialiste doit poursuivre la mutation désormais entamée et assumer clairement l'option sociale-démocrate qu'il a su esquisser durant cette campagne : accepter une mondialisation contrôlée qui puisse devenir, à l'instar de nos partenaires européens, une opportunité et pas seulement une menace. Le centre doit rompre son alliance historique avec la droite, qui l'a trop souvent conduit à oublier qu'il était porteur d'un message de cohésion sociale et de vitalité démocratique. Si le nouveau parti de François Bayrou refuse d'être une UDF vassalisée par Nicolas Sarkozy, il ne peut avoir d'espace politique qu'au sein d'une nouvelle alliance avec une gauche elle-même rénovée. Cette nouvelle alliance doit proposer un projet politique commun, fondé sur la perspective d'une société pacifiée, et non celle d'une société divisée ; celle d'un engagement européen renouvelé et ouvert, et non d'une concession faite du bout des lèvres à des partenaires qu'on méprise ; celle d'une société qui assume le marché et le libre-échange, mais qui n'y réduit pas la totalité des rapports sociaux ; bref, une société qui regarde l'avenir avec confiance, et non une société qui prône la méfiance de chacun envers ses voisins. Le débat politique de cette élection présidentielle a esquissé de telles convergences : sur la réduction nécessaire de la dette publique, sur l'efficacité de services publics renouvelés, sur le soutien aux plus démunis, sur la prise en compte résolue des menaces qui pèsent sur la planète et sur notre développement (énergie, réchauffement climatique, eau), sur l'idée d'une sécurisation des itinéraires des travailleurs conciliable avec la mobilité qu'ils peuvent souhaiter et qui est nécessaire aux entreprises, sur une perspective de croissance fondée sur l'investissement dans la formation, la recherche et l'économie de la connaissance, sur la définition d'une société ouverte et solidaire, et donc sur des valeurs qui rassemblent, qui réunissent, et qui pacifient. Le Parti socialiste a besoin d'alliés, non de vassaux auxquels il concède quelques circonscriptions pour entretenir l'illusion du pluralisme, tandis que ceux-ci tiennent un double langage en étant parfois tentés de confondre autonomie et irresponsabilité. La France a besoin d'une nouvelle coalition analogue à la coalition italienne de l'Olivier, où chacun trouve sa place. Pour cela il faut rompre avec le couperet majoritaire, véritable laminoir de la diversité politique du pays. Certes, le scrutin majoritaire est nécessaire pour obtenir des majorités stables : mais la maturité démocratique exige qu'une part significative de proportionnelle soit instaurée pour que toutes les formations politiques significatives soient représentées au Parlement, même celles qui ne nous plaisent pas leur inscription dans le jeu politique et leur confrontation aux véritables enjeux de la société est aussi à ce prix. Dans l'immédiat, des accords de désistement ou, parfois, des circonscriptions réservées doivent permettre de sceller cette alliance. Les élections législatives peuvent être l'occasion d'une nouvelle mobilisation collective, pourquoi pas victorieuse, au moins capable de constituer une opposition forte. Ne laissons pas perdre les acquis de cette campagne présidentielle, ne laissons pas perdre l'élan qu'a su insuffler à cette campagne Ségolène Royal, et le renouveau qu'elle incarne, ne nous laissons pas gagner par le découragement, regagnons l'espoir.

04.05.2007

La France et le reste du monde

C'est un tropisme un peu naturel de l'élection : le débat Royal/Sarkozy de mercredi soir est resté globalement franco-centré. Pourtant les enjeux économiques, sociaux, environnementaux... ont pris une dimension planétaire incontestable. C'est un point sur lequel Ségolène Royal propose à mon sens un projet qui s'intègre davantage dans les réalités d'un monde ouvert : priorité sur la recherche, nouvelles filières d'activité à encourager (dans l'environnement en particulier), logique de discussion avec les partenaires sociaux, volonté d'aller de l'avant sur l'Europe... Là où Nicolas Sarkozy allie un libéralisme intérieur avec un protectionnisme aux frontières, que ce soit pour les hommes ou pour l'économie, qui seront bien difficiles à mettre en place concrètement. J'ai même trouvé étrange qu'il laisse à ce point Ségolène Royal s'emparer du thème de la recherche. C'est pourtant un sujet où elle se situe finalement dans le prolongement de la stratégie européenne de Lisbonne qui n'est pas à proprement parler une orientation "de gauche". Face à cela, Nicolas Sarkozy semble proposer un monde figé : plus de travail pour ceux qui travaillent déjà, vision de l'Europe aux taquets, absence totale de considération des partenaires sociaux (ah si : l'institut Rexecode...), pas d'orientation industrielle... Mais il faut convenir que c'est une description plus rassurante pour ceux qui craignent le changement parce qu'ils craignent de perdre ce qu'ils ont (et parfois ils ont peu). Le projet Royal contient une part de risque et d'incertitude. Nicolas Sarkozy a souvent pointé cet aspect dans le débat et c'était une réalité. Mais le changement du monde implique que la France change elle aussi, et ne reste pas avec les deux pieds dans le même sabot. Il est donc normal de laisser un certain nombre de portes ouvertes pour s'adapter à la réalité. Finalement, les propositions réellement plus précises du projet sarkozy comportent une part de risque d'inadaptation au monde, car elles sont certes précises mais aussi bien plus fermées.

01.05.2007

Le monde du travail, promesses et réalités

medium_P1000693.jpg Aujourd'hui, premier mai, journée des travailleurs (photo : manif à Amiens ce jour). C'est l'occasion de revenir sur les mutations qui sont à l'oeuvre dans l'organisation du travail aujourd'hui. ---- "Travailler plus pour gagner plus". Avec ce slogan simpliste, Nicolas Sarkozy fait miroiter aux Français que chacun va pouvoir faire son petit pecul dans son coin en faisant des heures supplémentaires. L'idée séduit un certain nombre de nos concitoyens et pour cause : beaucoup ont du mal à joindre les deux bouts et cherchent à conserver un niveau de vie correct. Le prix du logement a explosé, le prix des déplacements est en forte hausse, les cotisations pour les retraites commencent à grimper avec l'application des réformes Fillon. Le tout dans un contexte général d'inquiétude par rapport à l'avenir pour soi, pour ses enfants, pour des proches... on peut donc comprendre qu'individuellement des personnes soient tentées de prendre ces heures supplémentaires qu'on leur propose comme une planche de salut, à défaut d'autre chose. Nicolas Sarkozy, en parfait démagogue, s'adresse aux gens dans leurs préoccupations quotidiennes, sans se soucier des conséquences sur l'ensemble de la société. Il ne défend pas un projet de société global mais diffuse une série de réponses sur le travail, la sécurité, la fiscalité... qui concernent les gens individuellement. JE vais payer moins d'impots, JE vais payer moins de cotisations sociales, JE vais pouvoir être payé sur des heures supplémentaires, ... mais les conséquences sur l'endettement de l'Etat, sur les systemes de solidarité, le chomage des jeunes et le chomage de longue durée, l'augmentation de la pénibilité du travail, ou encore sur notre environnement... tout cela est renvoyé à d'autres horizons. Pas étonnant que la dette publique se soit autant creusée sous la droite avec une telle inconséquence. Il n'est pas davantage surprenant que le bilan en matière de protection de l'environnement soit aussi mauvais sous la droite, avec un "plan climat" complètement creux. Après nous le déluge... Derrière cette exhaltation des heures sups, c'est comme d'habitude une division du pays en deux à partir d'idées reçues dignes de la discussion du bistrot du coin : "Notre pays est devenu celui qui travaille le moins en Europe. Nous ne pouvons pas continuer sur cette voie" affirme sans rire le projet Sarkozy. On passera sur la dévalorisation implicite de l'action citoyenne et bénévole. Mais il est intéressant de se pencher sur les réalités du productivisme, afin de vérifier si la France est endormie à côté du travail supplémentaire à effectuer comme le prétend le candidat de l'UMP. DEUX CARACTERISTIQUES FRANCAISES : PRODUCTIVITE ET CHOMAGE ELEVES La France se caractérise par un niveau élevé de chômage. Même si l'INSEE bute sur la publication des chiffres, il est bien un problème majeur en France par rapport aux autres pays Européens. Les critères du BIT (Bureau international du Travail) retenus par Eurostat pour comparer les différents pays européens montrent bien le malaise français : 9 % de la population active est au chômage dans le pays (8,4% en Allemagne, 4,8 % au Danemark et au Royaume Uni, 8,6% en Espagne) , avec un taux très elevé de 22,4% de chômage chez les jeunes (14,2% en Allemagne, 7,5% au Danemark, 12,9% au Royaume uni, 18% en Espagne). Le France se caractérise simultanément par une productivité remarquable des salariés. Le niveau de production évalué par le BIT était en 2003 de 52.000 dollars par salarié en France. La quatrième producivité au monde derrière les Etats-Unis, la Belgique et l'Irlande. Loin devant le Royaume Uni (45.000 dollars), l'Allemagne ou le Japon (42.000 dollars), et même la Suisse (39.000 dollars). LES SALARIES SONT DAVANTAGES SOLLICITES AU PLAN PHYSIQUE ET PSYCHOLOGIQUE Cette productivité française concetrée sur une part plus réduite de la population active n'est pas sans impact sur les conditions de travail et la qualité de vie des salariés. Ceci est mesuré par la DARES (Statitiques du ministère de l'emploi) qui relève dans son enquête 2006 que la pression liée au temps, à la pénibilité du travail, aux changements d'organisation, au contrôle du travail... continue d'augmenter chez les ouvriers . Ce phénomène a fortement augmenté entre 1984 et aujourd'hui. Ainsi 53% des salarié estiment que leur travail est imposé par "une demande extérieure à satisfaire immédiatement", alors qu'ils n'étaient que 28% en 1984. 25% des salariés ont "un rythme de travail imposé par des normes ou des délais de production à respecter en une heure ou plus" ; 5% étaient dans ce cas en 1984. L'aggravation de la pression au travail croit avec celle de la pénibilité physique pour les salariés les moins qualifiés. En 2005, 64% des salariés non qualifiés déclarent "devoir porter ou déplacer des charges lourdes" contre moins de 40% en 1984. Et cet indice s'inscrit dans une hausse générale d'une pression physique au travail, qui est mesurable entre 1998 et 2005. le Taux de salariés déclarant "faire des mouvements douloureux ou fatigants" passe de 34 à 36% en moyenne, (soit 2% de hausse en moyenne, mais +7% chez les non-qualifiés). +7% également de salariés qui déclarent avoir un "rythme de travail imposé par des délais à respecter en une heure ou plus" entre 1998 et 2005. Le livre de Philippe Askenazy, Les désordres du travail (Seuil, République des Idées), a bien analysé cette évolution productiviste. Chacun peut visualiser le travail de la caissière d'un supermarché. Elle va déplacer des milliers d'objets, de la brosse à dents jusqu'au pack promo de soda de 9 kilos, pour atteindre un total journalier de deux tonnes de marchandises déplacées et soulevées. Le tout en manipulant les objets pour trouver des codes-barres, saisir des données,... La pénibilité de ce travail s'est fortement accrue ces dernières décennies, et cela reflète une tendance générale du travail des salariés qui n'est pas visible. Elle se traduit par une hausse des troubles musculeux-squelettiques chez les salariés (mesurée en 2003 en région Pays de la Loire : ces pathologies dues à la manipulation d'objets lourds et aux gestes répétitifs concernaient 11% des hommes et 15% des femmes interrogées). L'enquête SUMER réalisée par des médecins du travail pour les statiques du ministère du travail (DARES) permet également de constater une hausse continue de l'exposition aux produits chimiques pour les salariés du secteur privé (1 sur trois)... et une exposition à des produits cancérigènes pour 2,4 million de personnes (sur lesquels 42% le font sans protection pour au moins un produit). Ce ne sont pas seulement de nouvelles formes d'organisation qui changent la nature du travail, mais des environnements dégradés dus à l'utilisation de nouveaux produits toxiques dans les chaines de production. Le scandale de l'Amiante a mis en évidence ce phénomène : les fibroses dues à l'amiante ont été constatées chez des ouvriers des filatures dés 1906, mais il faudra attendre 90 ans pour que l'amiante soit interdit définitivement. Mais il ne doit pas masquer une augmentation continue de l'exposition à des produits toxiques toujours plus nombreux et diffus. Pression physique, exposition à de nouveaux risques, mais aussi pression morale. Les suicides récents au technocentre Renault de Guyancourt, à la centrale EDF de Chinon ou au restaurant Sodexho de St Priest ont mis en évidence des phénomènes aggravés de stress au travail, qu'il serait trop simpliste de résumer au "harcellement moral". C'est plus globalement la quantité de travail et la gestion du temps, la difficulté à faire face, l'augmentation des contraintes d'organisation et des sollicitations permanentes d'adaptation en flux tendus qui génèrent un stress envahissant et un parfois un sentiment d'échec. UNE NOUVELLE ORGANISATION DU TRAVAIL... QUI PERMET DE CONTOURNER TOUTE POLITIQUE DE PREVENTION Depuis 20 ans, les entreprises ont davantage recours à des entreprises de sous-traitance pour assurer la maintenance de leurs matériel. Il s'agit également d'une externalisation des risques et des modalités de prévention... qui s'avèrent largement insuffisants. Le site Novethic a consacré un article fort intéressant à ce problème. Ce nouveau secteurs d'activité (450 000 salariés travaillent en France dans la maintenance, dont 250 000 dans le secteur industriel et 200 000 dans l’immobilier et le tertiaire) est fortement accidentogène (le double de la moyenne nationale), et le taux d'occurence de maladies professionnelles est dix fois plus élevé que la moyenne nationale. Qu’il travaille pour un prestataire ou dans un service interne aux entreprises, un salarié de maintenance est plus exposé aux risques qu’un collègue en poste en production. La diversité des interventions (polyexposition), souvent conduites sur des équipements en fonctionnement (entre 4 et 6 interventions différentes par jour pour un technicien de maintenance), expliquent en grande partie ce facteur risque, propre à ces métiers." note l'article de Novethic. La sociologue Annie Thebaud-Mony, auteur de "Travailler peut nuire gravement à votre santé" (La découverte) estime que « Nous assistons à une déstructuration du droit du travail. Les contraintes qu’imposent les donneurs d’ordre sur les sous traitants rendent difficiles l’établissement de véritables plans de prévention. Ce sont ces contradictions qui génèrent les accidents." ----- L'augmentation du temps de travail avec des heures supplémentaires pour quelques salariés est-elle une réponse à ces réalités ? Elle constitue au contraire une fuite en avant. Là où il faudrait avoir un effort soutenu pour mieux partager le travail (notamment en direction de la jeunesse), pour améliorer le dialogue social dans l'entreprise, pour améliorer la qualité de vie des salariés, développer les secteurs de la prévention sanitaire, le bien-être... Nicolas Sarkozy propose seulement de travailler davantage à quelques uns. Et il propose en outre de supprimer les cotisations sociales sur ces heures, ce qui revient à programmer un "travail au noir légal". Pendant ce temps le chomeur restera chomeur, et les caisses de la sécurité sociale seront privées de recettes tout en devant faire face à de nouvelles pathologies. Cette politique est celle de l'inconséquence : l'impact sur la santé, sur l'environnement, sur la dette publique ou celle de la sécu... est simplement externalisée, et ses conséquences sont renvoyées à plus tard. Chacun pour soi, mais pourtant chacun est concerné par l'effet bommerang de cet aveuglement pour la société. Il s'agit simplement de savoir s'il s'agit de réduire les écarts et les inégalités, où s'il faut les constater voire les encourager. C'est le choix entre gauche et droite et il est manifeste pour cette élection présidentielle.

29.04.2007

Jour de rederie

medium_P1000691.jpg Ce dimanche était le jour de la Rederie d'Amiens. Après l'orage de la matinée : distribution d'un tract appelant à voter pour Ségolène Royal au second tour avec les militants des Verts. On croise quelques militants socialistes qui distribuent également. medium_P1000673.jpg medium_P1000677.jpg medium_P1000681.jpg Les points de vue des gens sont souvent assez tranchés, que ce soit pour l'une ou l'autre des candidats. Mais l'écart mesuré entre les candidats dans les sondages se resserre. Tout est donc ouvert. medium_P1000688.2.jpg A 11h, J'ai participé à la cérémonie officielle commémorant le 62eme anniversaire de la libération des camps de déportation, place René Goblet.

28.04.2007

La dynamique est du côté de Royal

medium_P1000619.jpgJ'ai participé hier soir en tant que porte-parole des Verts à la réunion publique qui était organisée à Amiens dans le cadre de la campagne du second tour. Avec les représentants du PC (Joel Carliez), du PRG (Jean-Jacques Stauter) et du PS (Vincent Peillon), nous avons appelé à mobiliser les électeurs en vue de la victoire de Ségolène Royal dimanche 6 mai. La dynamique est à gauche. medium_P1000640.jpg medium_P1000628.jpg medium_P1000614.jpg medium_P1000626.2.jpg Le goût du débat apaisé et constructif est à gauche aussi. Le "dialogue" entre Bayrou et Royal nous a placé à mille lieux de la logique de confrontation et de conflit d'un Nicolas Sarkozy, qui ne cesse dans ses propos de désigner des coupables, de diviser le pays en deux. Sa réaction excédée suite à un débat qu'il a tenté d'empecher par tous les moyens est révélatrice de l'attitude hégémonique que peut avoir ce candidat.

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