12/04/2007
L'UMP signe le pacte Hulot et réclame un troisième aéroport, cherchez l'erreur...
Ci-dessous ma réaction au texte "Un grand chantier" paru dans le courrier des lecteurs du Courrier picard du 6 avril. M. Vincent Savelli, adjoint au maire de St Quentin, y menaçait d'éclatement la Picardie si un nouvel aéroport international ne s'y construit pas comme il le souhaite. Ma réponse a été publiée dans le Courrier picard du 12 avril. ------ M. Savelli a choisi son jour pour réclamer un nouvel aéroport international en Picardie. Précisément celui où le GIEC (Groupe des experts internationaux sur le climat) rendait des conclusions alarmantes sur la responsabilité des activités humaines dans les dérèglements climatiques qui vont aller en s'amplifiant, et notamment le réchauffement de la planète, aux conséquences alarmantes pour l'humanité toute entière - toute la Picardie incluse - qu'elle soit plus proche de Reims, de la Manche ou de Rouen. Le transport aérien est précisément l'une des activités humaines les plus énergivores et les plus nocives pour l'environnement. De plus, son coût va fatalement augmenter dans un contexte de hausse du prix des carburants. Tabler sur la croissance du trafic aérien est donc un projet économique du XXème siècle. Il a sans doute échappé à M. Savelli que nous sommes entrés dans le XXIème et que les enjeux ont changé de nature. Il faut donc penser à la reconversion progressive de secteurs industriels et ne pas attendre que le couperet tombe. Il faut préparer les transitions et c'est le rôle des politiques, même si dans la période l'attention doit être portée avec sérieux sur le sort des salariés d'Airbus. Il y a des secteurs qui doivent être développés, notamment dans le ferroviaire et le transport combiné. Ils nécessitent des ingénieurs, de la recherche, une capacité de production... qui correspondent aux schemas de l'avenir : ceux d'un environnement à préserver et d'une énergie chère. Le dernier record du TGV EST - qui passe dans l'Aisne et non à Amiens - montre qu'il y a là un secteur d'activités innovant sur lequel il faut savoir s'appuyer. Le Projet i-Trans - pôle de compétences sur les transports ferroviaires - correspond à ce dessein. Compiègne, Amiens, le Conseil régional de Picardie y sont associés. N'étant pas décideur dans cette affaire, j'avoue ignorer pourquoi la ville de St Quentin n'y participe pas, comme en sont absents les trois conseils généraux de Picardie. Mais voilà un chantier qui correspond davantage à une stratégie durable. Et au passage cela est moins polémique que les phantasmes éculés qui sont véhiculés dans le texte de M. Savelli sur la place d'Amiens en Picardie. En revanche, on peut considérer qu'il est nécessaire de développer une véritable coopération inter-cités en région Picardie, plutôt que de se livrer une concurrence entre le maire UMP d'Amiens et le maire UMP de St Quentin qui semble sans objet à l'échelle de l'Europe ou du Monde, et qui pourrait vite sembler assez surréaliste pour nos concitoyens. Enfin, je crois me souvenir que M. Xavier Bertrand - élu de St Quentin - s'était impliqué dans le lancement de l'association Envol de M. Savelli. Porte-parole de Nicolas Sarkozy, j'imagine qu'il s'engage à honorer la signature de son candidat au pacte écologique de Nicolas Hulot. Dans ce cas, il faut bien considérer que réclamer un troisième aéroport dans le grand bassin parisien est totalement contradictoire avec les objectifs écologiques qui y sont énoncés, notamment pour réduire les émissions de gaz à effet de serre par quatre. C'est un point qui mérite d'être éclairci car il faudrait savoir ce qui est effectivement défendu par les élus de l'UMP en la matière. En l'état, c'est parfaitement incohérent.
11:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : développement durable, climat, emploi, transports, ump, écologie
02/04/2007
La semaine du développement durable
J'ai été interrogé parFrance 3 Picardie sur le sujet ce jour. En résumé : l'initiative est pédagogique, mais elle ne doit pas servir à masquer l'absence de réalisations concrètes avec de la communication sans lendemain. J'ai participé en soirée à la réunion organisé par Amiens métropole avec un invité de la Fondation Nicolas Hulot. L'assistance se montrait réceptive par rapport à la crise écologique, parfois désemparée par rapport à l'ampleur du problème. L'orateur était assez concret et parlait de "société de modération" (je partage), et certains ont relevé qu'on ne pouvait faire l'économie d'une interrogation en profondeur sur le rôle du marché, le changement radical de société qui se profilait derrière les propositions écolos. Bien vu. Gilles de Robien a signé le Pacte écologique de Nicolas Hulot à cette occassion. Il y a de quoi tousser. Fossoyeur des aides d'Etat aux transports collectifs, parrain de la relance de l'A24, développant l'extension urbaine... la politique locale ou nationale de M. de Robien est bien souvent contradictoire avec le Pacte. Mais l'intéressé étant pour Bayrou avant hier, pour Sarkozy hier , il peut bien être pour Hulot aujourd'hui. Demain il défendra autre chose. Peu importe le produit, c'est l'emballage qui compte.
23:30 Publié dans Amiens, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Amiens métropole, Amiens, écologie, développement durable
20/03/2007
Echanges sur l'agenda 21
J'ai rencontré ce matin des élèves de seconde au lycée agricole du Paraclet. Leurs enseignants les ont invités à réfléchir sur l'agenda 21 d'Amiens métropole et plus particulièrement les thématiques "déchets" et "énergie". A partir de quelques actions pointées dans le document, le débat s'est engagé sur les questions les plus pertinentes : qui paye ? Est-ce qu'il revient au citoyen de tout assumer ? Pourquoi ne pas revenir aux consignes ? etc. cela a aussi été l'occasion d'évoquer des réticences ou des préoccupations sincères qui étaient reflètées au travers de questions posées aux habitants. Partager avec eux une réflexion sur les problèmes très concrets, ou plus vastes, qui se posent au travers du développement durable était un vrai plaisir. C'était aussi une surprise pour eux de constater que les questions des déchets et de l'énergie n'était pas seulement liées à une préoccupation de protection de l'environnement, mais étaient aussi éminèment économiques.
C'était l'occasion pour moi de relire quelques unes des bonnes feuilles de l'agenda 21 d'Amiens métropole. C'est un document de facture correcte. Malheureusement, les intentions et actions qu'il contient - davantage axées sur la responsabilité du citoyen que sur celle de la collectivité - sont noyées dans un ensemble de politiques publiques qui s'y opposent. Prenons quelques réalisations actuelles :
-La place de la gare : la question de l'intermodalité des transports entre la gare ferroviaire, la gare routière, les piétons, les bus, les taxis, les vélos.... tout simplement été évacuée de la place. Il est même prévu de déplacer la gare routière. La cohérence des déplacements n'est pas traitée.
-Le regroupement des hôpitaux au sud d'Amiens : un nombre élevé de places de parking et une priorité donnée à l'accès par la route, absence de cohérence avec les parcs relais pouvant être mis en place en périphérie, pas de démarche HQE (haute qualité environnementale) pour la construction des nouveaux bâtiments...
-Nouveaux bâtiments du quartier la Vallée : tour Vadé, multiplexe.... des réalisations choisies comme des symboles, mais qui ignorent le développement durable. Un bâtiment énergivore avec le cinéma, une tour Vadé dont le style sera original mais qui passe à côté de la démarche HQE. Est-ce symbolique aussi ?
-Maisons à 100.000 euros : une série de maisons à cent mille euros est programmée à Amiens, dans le cadre du plan Borloo. On voit bien l'idée qui consiste à proposer des maisons à prix accessible, mais si l'équipement intérieur de ces maisons (isolation thermique, chauffage électrique,...) reste minimal, c'est un coût d' "usage" qui sera beaucoup plus élevé pour les résidents, et ira a contrario de l'efficacité énergétique.
De ces exemples, on peut tirer la conclusion suivante : l'agenda 21 reste - avec l'utilisation du vocable "développement durable" - une sorte de gadget que la ville d'Amiens et l'agglomération font figurer dans un éventail de mesures : un peu d'environnement ici, un peu de social par là, un peu de démocratie locale ailleurs...
Mais dès qu'il s'agit des dossiers importants et à gros budget, les enjeux environnementaux disparaissent : pas de traces de développement durable ou de Haute qualité environnementale au collège Rimbaud, au Zenith, au palais des Congrès... il faut construire vite et beaucoup sans s'encombrer de fioritures écologiques. On manque des occasions de faire du développement durable à grande échelle. Mais on demande aux gens d'éteindre leur lumière lorsqu'ils quittent une pièce dans l'agenda 21...
C'est un raisonnement de court terme. Isoler thermiquement et phoniquement, économiser la ressource en eau, prévoir les déplacements alternatifs... c'est investir dans des solutions d'avenir et dans la qualité de vie. C'est aujourd'hui l'ère dans laquelle Amiens doit entrer. C'est rendre service aux habitants de préparer aujourd'hui la ville aux enjeux écologiques de l'avenir.
21:00 Publié dans Amiens, Politique, Politique de l'énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agenda 21, écologie, Amiens, place de la gare, HQE, développement durable
19/03/2007
Les enjeux de la circonscription d'Amiens/Boves
Cette circonscription s'étend sur une grande partie du sud et du centre d'Amiens, et comprend les bourgs et villages du sud amiénois, ainsi que Rivery. Elle réunit cinq cantons : Amiens sud-est/Cagny ; Amiens sud ; Amiens sud-ouest/Pont-de-Metz ; Amiens nord-est/Rivery, Boves. C'est donc une circonscription urbaine et péri-urbaine. J'ai déjà eu l'occasion de me porter candidat à plusieurs reprises sur ce territoire. Aux élections législatives de 1997 sur cette même circonscription, et aux élections cantonales de 1998, dans le canton d'Amiens sud. En 2001, j'étais candidat simultanément sur le canton d'Amiens nord-est et aux élections municipales, sur la liste des Verts que j'avais le plaisir et l'honneur de mener. Depuis cette date, je suis Conseiller municipal d'Amiens où je porte la voix critique de l'opposition avec mes collègues verts, socialistes, communistes et républicains. Avec les élus de l'opposition municipale, et avec ma co-listière Marion Lepresle, nous sommes régulièrement intervenus sur des sujets importants qui touchaient la circonscription : La ZAC Mont-Thomas, le temps du midi dans les écoles, les problèmes de déplacements (d'encombrement) et de stationnement au sud d'Amiens, la gare de Longueau, la découpe des maisons amiénoises, les boulevards intérieurs,... pour ne citer que quelques exemples d'interventions personnelles ou collectives sur ce territoire. Mais cette élection législative prend une dimension particulière et nationale puisque le ministre sortant Gilles de Robien pourrait se représenter dans cette circonscription à cette occasion. Evoquons rapidement son bilan. Son bilan national, tant sur le logement, les transports, l'éducation... est globalement mauvais : creusement des inégalités dans le logement, mesures vexatoires à l'encontre des enseignants, suppression des crédits dans les transports en commun. Nous avons eu l'occasion de donner un aperçu de cette critique avec mes collègues de l'opposition municipale PS, PCF, MRC dans une récente tribune publiée dans Amiens Ville, mise en ligne sur ce blog. Son bilan local est devenu celui d'un maire devenu excessif. Un parfum de mégalomanie teinte les réalisations de la dernière période : place de la gare, réalisations surdimensionnées (station d'épuration, hopital...), campagne de communication où Amiens est présentée comme une mégalopole de science-fiction, présentation d'Amiens comme métropole européenne de 300.000 habitants.... on cherche l'intérêt direct de cette surenchère pour les habitants. Il y aurait pourtant bien d’autres chantiers prioritaires : lancer des filières d'avenir prometteuses en emploi, miser sur la qualité de vie, faire d'Amiens une ville moyenne attractive - capitale régionale qui noue des relations fructueuses avec les autres villes de la région au lieu de leur faire une concurence désuète. C'est un projet qui repose sur la qualité, la coopération et une stratégie de développement durable. Cette élection locale sera l'occasion de faire un bilan de la période récente. Elle doit permette de dessiner un projet avant tout, afin de poser les jalons qui permettront de construire une alternative à gauche à Amiens. Ma candidature à cette élection s'inscrit dans cette perspective. J'espère être à même de représenter de nombreuses électrices et électeurs qui veulent enfin mener une véritable offensive à gauche contre la politique de Gilles de Robien, tant au plan national que local, et surtout pour porter un vrai projet alternatif, positif, tourné vers l'avenir mais qui tient compte de la réalité de la ville et du monde, qui sera progressivement présenté dans ces chroniques.
12:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Amiens, législatives, développement durable, à gauche































