22/05/2007

Communication présidentielle, acte 2

Malin Sarkozy... Il a été descendu en flèche par les associations de protection de l'environnement qui avaient trouvé son programme électoral bien peu compatible avec l'écologie, et le voilà qu'il les réunit toutes pour préparer un Grenelle de l'environnement.

On notera que la communication a été soignée. Ce n'est pas l'obscur président d'une association qui se retrouve sur les photos, mais un visage familier, celui de Nicolas Hulot, et ensuite celui d'Allain Bougrain-Dubourg. Cela démontre que la volonté d'affichage était bien là. Avant les législatives, on communique coco. Et le nouveau président est ami avec tout le monde.

Entre ici Anne Lauvergeon, présidente d'AREVA, ou Jean-Michel Lemetayer, président de la FNSEA... Entre ici Christine Boutin et Bernard Kouchner, entre ici Greenpeace, Nicolas Hulot ou le WWF... Demain ce sera le tour du CPNT ou de l'automobile club de France ? On ne se préoccupe pas de savoir ce que va donner tout cela, ca fait des photos sur le perron de l'Elysée et c'est ce qui est voulu pour le moment par le nouveau président. Les législatives ont lieu dans trois semaines.

Mais plaçons nous dans la peau de celui qui veut y croire. Mettons de côté le peu de confiance que nous pouvons avoir en Nicolas Sarkozy qui a réitéré son soutien au nucléaire. Mettons de côté le soutien indéfectible du RPR puis de l'UMP à la PAC folle et aux OGM. Mettons de côté le fait que la croissance économique aveugle va vite entrer en contradiction avec la nécessité de protéger la biodiversité, l'eau, l'air,... et qu'il va bien être difficile de concilier des lobbies aussi différents dans leurs objectifs et leurs moyens.

Donc, au delà des effets d'affichage, regardons la réalité :

1 - le président de la république reçoit les associations
2 - le ministère qui doit s'occuper des dossiers a un rang élevé dans le gouvernement
3 - un sommet sur l'environnement est programmé
4 - les associations conviées et qui ont répondu présent sont toutes sérieuses et reconnues.
5- la liste des thèmes retenus est : la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité et notamment les ressources halieutiques, les questions qui lient santé et environnement, l'aménagement rural et la politique agricole, la gestion des ressources naturelles, dont l'eau, et enfin la question de la gouvernance écologique.

Même en étant sans illusions, il y a une part de positif là dedans qu'il faut reconnaître. Souhaitons bon courage aux associations pour qu'elles obtiennent des avancées, même modestes, sur ces sujets, dans le contexte du moment. C'est aussi leur rôle.

On peut quand même noter une vraie fausse note. La liste des thèmes évoqués ne contient pas celui de l'énergie, qui est une question primordiale pour les années et décennies qui viennent.
Non seulement la question du nucléaire est ainsi évacuée, mais pareillement les enjeux liés aux énergies fossiles. Et la porte d'entrée sur ces questions ne peut être uniquement le rechauffement climatique puisqu'il s'agit également d'épuisement des ressources (en pétrole, en gaz, en uranium, en métaux...)
La question du carburant et du moteur du productivisme et de notre société consumériste n'est donc pas traitée. On risque d'en rester à son pot d'échappement. C'est mieux que rien, mais pour changer d'échelle sur ces questions il faut aussi avoir le courage d'affronter ces réalités au lieu de pratiquer la fuite en avant.
Cette mise sous le coude des questions énergétiques est un premier choix très contestable, qui n'est pas de bon augure pour la suite.

25/04/2007

Sarkozy : le slogan le plus mensonger

medium_P1000304.jpg Je trouve le projet de Nicolas Sarkozy néfaste et même dangereux pour le pays : accroissement des inégalités, logique de compétition économique et de croissance sans préoccupation environnementale ou sociale, provocation verbale stigmatisant des parties de la population, relégation des étrangers... toutes les mesures proposées sont associées à une defiscalisation, donc à un recul du politique dans le champ économique et social, pendant que les pouvoirs régaliens sont renforcés (armée, police) dans un esprit sécuritaire.

Tout cela est bien entendu agrémenté de sourires et d'un aplomb phénoménal qui emballent une communication à laquelle les médias ne sont pas indifférents.

Ainsi, lorsque Nicolas Sarkozy se hasarde à des présupposés imbéciles sur la prédisposition génétique de la pédophilie, on estime que décidément "il est allé trop loin", que ses propos sont "alarmants", etc... mais on ne remet pas en cause sa capacité à être un chef d'Etat comme cela a été fait quand Ségolène Royal a pu faire quelques bourdes (bien moins gravissimes). Le machisme ambiant dans la politique et les medias, celui qui se pratique comme M. jourdain faisait de la prose, a encore de beaux jours devant lui.

Peut-être est-ce l'habileté à communiquer de Nicolas Sarkozy qui a séduit Gilles de Robien dans son soutien à cette candidature à droite de la droite.

Il reste que le slogan restera comme l'un des plus mensongers de la campagne : "Ensemble, tout devient possible". Nicolas Sarkozy, un homme en devenir ? C'est pourtant lui qui porte sur ses épaules une partie des années de la droite au gouvernement. Presque tous les ministres des gouvernements Villepin et Raffarin soutiennent Nicolas Sarkozy. Ce qui est "possible", on l'a déjà expérimenté pendant cinq ans avec la droite. La rupture est une imposture.

L'utilisation du mot "Ensemble" prête également à sourire : le promoteur de l'indivualisme forcené, de la loi du plus fort, c'est bien Nicolas Sarkozy. "Ensemble" c'est un mot de communiquant pour la période électorale.

Mais évidément, si Nicolas Sarkozy avait intitulé son affiche "Comme pendant cinq ans, ce sera chacun pour soi, en pire". Cela aurait été moins séducteur pour l'électorat. Mais il y a des communiquants pour vous habiller tout ça.

J'espère que nos concitoyens sauront réagir face à une personnalité politique qui use d'un tel mépris à leur endroit.