05/04/2007

Le centre-ville sans transports collectifs : ce n'est pas la bonne voie

medium_P1000315.jpgIl a été confirmé lors du dernier Conseil municipal d'Amiens, jeudi 29 mars, que les bus ne passeraient plus par la rue de Noyon lorsque la piétonnisation serait achevée. Et donc ils ne passeraient pas davantage par la rue des Jacobins et la rue de Beauvais. L'artère de desserte du centre par les transports collectifs serait assechée. Au prétexte que la piétonnisation doit être totale, les bus perdent là un axe central qui leur permet de passer en plein centre-ville. Il est donc programmé de les faire passer par les boulevards uniquement , avec des navettes (?) pour relier le centre. Ce n'est pas la bonne voie ! Le chantier de la place de la gare constitue déjà une erreur importante, puisque la question des déplacements et des changements de transports a été évacuée, là aussi. Le projet Vasconi propose une grande esplanade piétonne, mais la correspondance entre les déplacements piétons, les trains, les autocars, les taxis, les vélos, les voitures.... est traitée de façon marginale et éclatée, alors que cela aurait du constituer le coeur du projet. La politique d'encouragement des déplacements automobiles menée par Gilles de Robien a par ailleurs porté ses fruits : encombrements persistants, parking coûteux... Demain, si un tramway voit le jour dans notre ville (et pourquoi pas ?), il serait donc condamné à éviter le centre-ville. Un phénomène urbain inédit, et qui ne correspond pas aux attentes des usagers qui souhaitent se déplacer, changer de destination, arriver au plus près du centre... sans qu'une grande boucle les en éloigne. Cette idée est donc contestable. Au temps de la recherche de l'accessibilité, Gilles de Robien invente l'inaccessibilité de sa ville pour les Amiénois. Les personnes âgées qui prennent le bus depuis un quartier devraient descendre place du cirque et prendre une navette ; idem pour les personnes à mobilité réduite. L'artère centrale de la ville ne doit pas être un sanctuaire de bout en bout sur un kilomètre, depuis la Gare jusqu'à la Maison de la Culture. Cet étalement est préjudiciable au bon "fonctionnement" de la ville, et le nombre de magasins fermés dans les galeries commerçantes à deux pas des rues piétonnes témoigne d'un problème auquel il faudrait remédier. Une desserte de proximité en ville, des échanges faciles, une amélioration des fréquences et du confort, voilà ce qui devient urgent pour les bus dans notre ville. Lorsqu'il était ministre des Transports, M. de Robien a supprimé les aides d'Etat destinées à la construction des transports collectifs. Bien au contraire, il faut un effort national d'investissement en ce sens. Et localement, une vraie volonté de passer aux actes. C'est un enjeu écologique global, car il faut proposer des transports alternatifs à l'automobile, en raison des conséquences sur le climat, et de la hausse du prix du pétrole. C'est une politique sociale, car il est indispensable de proposer une offre de transports attractive, non seulement pour les scolaires et les personnes sans voiture qui sont aujourd'hui dépendants du bus, mais aussi pour conquérir d'autres publics. Le tramway peut être l'outil de cette attractivité et d'un nouveau dynamisme urbain, alliant confort et régularité. Face à un projet aussi attractif, la fermeture de la rue de Noyon aux transports collectifs est de mauvais augure.