07/05/2007
Tout n'est pas perdu
Une tribune publiée aujourd'hui dans les pages "Rebonds" de Libération ****** Un appel pour une nouvelle alliance des Verts, du PS et du nouveau centre, qui ne pourra trouver un espace politique qu'en se tournant vers sa gauche. NON, TOUT N'EST PAS PERDU Daniel et Gabriel COHN-BENDIT, Jean-Yves LE DRIAN président PS de la région Bretagne, Jean-Pierre MIGNARD avocat, Joël ROMAN éditeur, Christiane TAUBIRA députée PRG. Aujourd'hui, nous sommes tristes, mais nous ne nous laisserons pas aller à maudire le peuple français, ni à souhaiter le pire pour notre pays. Un immense espoir vient d'être déçu. Nous respectons le verdict du suffrage universel et nous espérons que l'ivresse de la victoire ne conduira pas le vainqueur à mettre en oeuvre une politique de brutalisation de la société. Mais nous sommes aussi conscients que personne ne peut s'exonérer de la défaite de Ségolène Royal et prendre la candidate comme bouc émissaire de ses propres insuffisances. Sans doute des erreurs ont été commises. Mais la timidité gauchiste envers la perspective du gouvernement, la rigidité et la suffisance socialiste, la pusillanimité du centre sont les principales causes politiques de cette situation. Les premiers ont entretenu la suspicion sur la candidate socialiste. Les seconds, en s'accrochant à un projet socialiste davantage fait pour reconstituer l'unité du parti que pour offrir à leurs compatriotes un projet social-démocrate crédible, ont rendu impossible l'ouverture exigée. Les derniers enfin, en refusant d'appeler clairement à une alliance avec la gauche, ont sapé les bases de la nouvelle orientation politique qu'ils disaient vouloir construire. Malgré ces obstacles, Ségolène Royal a su incarner un espoir collectif immense. Aussi est-elle la mieux qualifiée pour poursuivre la construction de ce rassemblement nouveau qui devra s'affranchir des limites constatées durant la campagne présidentielle. Ce qui s'est esquissé à chaud, avec des atermoiements et à demi-mot dans la campagne d'entre deux tours de Ségolène Royal, doit être désormais repris, travaillé, prolongé et assumé. Les Verts doivent sortir de leur culture d'isolement et de leur paralysie interne, pour comprendre que les enjeux qu'ils portent sont compris bien au-delà de leur cercle et perçus comme cruciaux par une majorité de la population. La gauche antilibérale doit sortir de l'impasse dans laquelle l'a conduite tout refus pratique de gouverner. Le Parti socialiste doit poursuivre la mutation désormais entamée et assumer clairement l'option sociale-démocrate qu'il a su esquisser durant cette campagne : accepter une mondialisation contrôlée qui puisse devenir, à l'instar de nos partenaires européens, une opportunité et pas seulement une menace. Le centre doit rompre son alliance historique avec la droite, qui l'a trop souvent conduit à oublier qu'il était porteur d'un message de cohésion sociale et de vitalité démocratique. Si le nouveau parti de François Bayrou refuse d'être une UDF vassalisée par Nicolas Sarkozy, il ne peut avoir d'espace politique qu'au sein d'une nouvelle alliance avec une gauche elle-même rénovée. Cette nouvelle alliance doit proposer un projet politique commun, fondé sur la perspective d'une société pacifiée, et non celle d'une société divisée ; celle d'un engagement européen renouvelé et ouvert, et non d'une concession faite du bout des lèvres à des partenaires qu'on méprise ; celle d'une société qui assume le marché et le libre-échange, mais qui n'y réduit pas la totalité des rapports sociaux ; bref, une société qui regarde l'avenir avec confiance, et non une société qui prône la méfiance de chacun envers ses voisins. Le débat politique de cette élection présidentielle a esquissé de telles convergences : sur la réduction nécessaire de la dette publique, sur l'efficacité de services publics renouvelés, sur le soutien aux plus démunis, sur la prise en compte résolue des menaces qui pèsent sur la planète et sur notre développement (énergie, réchauffement climatique, eau), sur l'idée d'une sécurisation des itinéraires des travailleurs conciliable avec la mobilité qu'ils peuvent souhaiter et qui est nécessaire aux entreprises, sur une perspective de croissance fondée sur l'investissement dans la formation, la recherche et l'économie de la connaissance, sur la définition d'une société ouverte et solidaire, et donc sur des valeurs qui rassemblent, qui réunissent, et qui pacifient. Le Parti socialiste a besoin d'alliés, non de vassaux auxquels il concède quelques circonscriptions pour entretenir l'illusion du pluralisme, tandis que ceux-ci tiennent un double langage en étant parfois tentés de confondre autonomie et irresponsabilité. La France a besoin d'une nouvelle coalition analogue à la coalition italienne de l'Olivier, où chacun trouve sa place. Pour cela il faut rompre avec le couperet majoritaire, véritable laminoir de la diversité politique du pays. Certes, le scrutin majoritaire est nécessaire pour obtenir des majorités stables : mais la maturité démocratique exige qu'une part significative de proportionnelle soit instaurée pour que toutes les formations politiques significatives soient représentées au Parlement, même celles qui ne nous plaisent pas leur inscription dans le jeu politique et leur confrontation aux véritables enjeux de la société est aussi à ce prix. Dans l'immédiat, des accords de désistement ou, parfois, des circonscriptions réservées doivent permettre de sceller cette alliance. Les élections législatives peuvent être l'occasion d'une nouvelle mobilisation collective, pourquoi pas victorieuse, au moins capable de constituer une opposition forte. Ne laissons pas perdre les acquis de cette campagne présidentielle, ne laissons pas perdre l'élan qu'a su insuffler à cette campagne Ségolène Royal, et le renouveau qu'elle incarne, ne nous laissons pas gagner par le découragement, regagnons l'espoir.
17:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, gauche, Verts
06/05/2007
Mai 68, c'est fini
Le nouveau ministère de l'information communique : Le nouveau gouvernement UMP vient de se réunir et de nous tenir un discours programme.
La ballade des gens heureux
Vidéo envoyée par razfin
23:00 Publié dans Presque sérieux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, présidentielle
04/05/2007
La France et le reste du monde
C'est un tropisme un peu naturel de l'élection : le débat Royal/Sarkozy de mercredi soir est resté globalement franco-centré. Pourtant les enjeux économiques, sociaux, environnementaux... ont pris une dimension planétaire incontestable. C'est un point sur lequel Ségolène Royal propose à mon sens un projet qui s'intègre davantage dans les réalités d'un monde ouvert : priorité sur la recherche, nouvelles filières d'activité à encourager (dans l'environnement en particulier), logique de discussion avec les partenaires sociaux, volonté d'aller de l'avant sur l'Europe... Là où Nicolas Sarkozy allie un libéralisme intérieur avec un protectionnisme aux frontières, que ce soit pour les hommes ou pour l'économie, qui seront bien difficiles à mettre en place concrètement. J'ai même trouvé étrange qu'il laisse à ce point Ségolène Royal s'emparer du thème de la recherche. C'est pourtant un sujet où elle se situe finalement dans le prolongement de la stratégie européenne de Lisbonne qui n'est pas à proprement parler une orientation "de gauche". Face à cela, Nicolas Sarkozy semble proposer un monde figé : plus de travail pour ceux qui travaillent déjà, vision de l'Europe aux taquets, absence totale de considération des partenaires sociaux (ah si : l'institut Rexecode...), pas d'orientation industrielle... Mais il faut convenir que c'est une description plus rassurante pour ceux qui craignent le changement parce qu'ils craignent de perdre ce qu'ils ont (et parfois ils ont peu). Le projet Royal contient une part de risque et d'incertitude. Nicolas Sarkozy a souvent pointé cet aspect dans le débat et c'était une réalité. Mais le changement du monde implique que la France change elle aussi, et ne reste pas avec les deux pieds dans le même sabot. Il est donc normal de laisser un certain nombre de portes ouvertes pour s'adapter à la réalité. Finalement, les propositions réellement plus précises du projet sarkozy comportent une part de risque d'inadaptation au monde, car elles sont certes précises mais aussi bien plus fermées.
14:55 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mondialisation, gauche, présidentielle
Après le débat : les oublis et les erreurs
Mercredi soir, 20 millions de téléspectateurs ont regardé le débat Royal-Sarkozy. Après la forte participation du 22 avril, cette donnée confirme le regain d'intérêt des Français pour les enjeux politiques. Il y a bien une confrontation entre deux façon de concevoir le pouvoir, deux programmes, deux systèmes de valeurs. Et pour le citoyen il y a un vrai choix. Les enjeux du scrutin ne sont pas dissimulés. Le débat aura permis de mettre en lumière des différences importantes entre les deux candidatures. Toutefois, sur la forme, il y avait pour les deux des postures qui avaient été soigneusement préparées avant l'émission : la combativité de Ségolène Royal, la tactique de retrait de Nicolas Sarkozy. On peut penser qu'elles ont parfois surdéterminées les interventions sur le fond. Beaucoup d'inexactitudes ont d'ailleurs été prononcées par les deux candidats : sur l'énergie, l'intégration des élèves handicapés, la sécurité et la justice,... Parfois des erreurs importantes, imputables ici à la réthorique, là à la méconnaissance du sujet. Ce sont aussi des sujets majeurs qui passent à la trappe : tout le monde a repéré que les banlieues n'étaient pas évoquées, ce qui a quelque chose de fort curieux. La santé et la sécurité au travail, la biodiversité, l'épuisement des énergies fossiles, la politique de défense.... figurent également au tableau des grands oubliés. Finalement, cette campagne présidentielle a été bien longue, mais le nombre de débats contradictoires de ce type aura été bien trop limité.
08:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, écologie
01/05/2007
Le monde du travail, promesses et réalités
Aujourd'hui, premier mai, journée des travailleurs (photo : manif à Amiens ce jour). C'est l'occasion de revenir sur les mutations qui sont à l'oeuvre dans l'organisation du travail aujourd'hui.
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"Travailler plus pour gagner plus". Avec ce slogan simpliste, Nicolas Sarkozy fait miroiter aux Français que chacun va pouvoir faire son petit pecul dans son coin en faisant des heures supplémentaires. L'idée séduit un certain nombre de nos concitoyens et pour cause : beaucoup ont du mal à joindre les deux bouts et cherchent à conserver un niveau de vie correct. Le prix du logement a explosé, le prix des déplacements est en forte hausse, les cotisations pour les retraites commencent à grimper avec l'application des réformes Fillon. Le tout dans un contexte général d'inquiétude par rapport à l'avenir pour soi, pour ses enfants, pour des proches... on peut donc comprendre qu'individuellement des personnes soient tentées de prendre ces heures supplémentaires qu'on leur propose comme une planche de salut, à défaut d'autre chose.
Nicolas Sarkozy, en parfait démagogue, s'adresse aux gens dans leurs préoccupations quotidiennes, sans se soucier des conséquences sur l'ensemble de la société. Il ne défend pas un projet de société global mais diffuse une série de réponses sur le travail, la sécurité, la fiscalité... qui concernent les gens individuellement. JE vais payer moins d'impots, JE vais payer moins de cotisations sociales, JE vais pouvoir être payé sur des heures supplémentaires, ... mais les conséquences sur l'endettement de l'Etat, sur les systemes de solidarité, le chomage des jeunes et le chomage de longue durée, l'augmentation de la pénibilité du travail, ou encore sur notre environnement... tout cela est renvoyé à d'autres horizons. Pas étonnant que la dette publique se soit autant creusée sous la droite avec une telle inconséquence. Il n'est pas davantage surprenant que le bilan en matière de protection de l'environnement soit aussi mauvais sous la droite, avec un "plan climat" complètement creux. Après nous le déluge...
Derrière cette exhaltation des heures sups, c'est comme d'habitude une division du pays en deux à partir d'idées reçues dignes de la discussion du bistrot du coin : "Notre pays est devenu celui qui travaille le moins en
Europe. Nous ne pouvons pas continuer sur cette voie" affirme sans rire le projet Sarkozy. On passera sur la dévalorisation implicite de l'action citoyenne et bénévole. Mais il est intéressant de se pencher sur les réalités du productivisme, afin de vérifier si la France est endormie à côté du travail supplémentaire à effectuer comme le prétend le candidat de l'UMP.
DEUX CARACTERISTIQUES FRANCAISES : PRODUCTIVITE ET CHOMAGE ELEVES
La France se caractérise par un niveau élevé de chômage. Même si l'INSEE bute sur la publication des chiffres, il est bien un problème majeur en France par rapport aux autres pays Européens. Les critères du BIT (Bureau international du Travail) retenus par Eurostat pour comparer les différents pays européens montrent bien le malaise français : 9 % de la population active est au chômage dans le pays (8,4% en Allemagne, 4,8 % au Danemark et au Royaume Uni, 8,6% en Espagne) , avec un taux très elevé de 22,4% de chômage chez les jeunes (14,2% en Allemagne, 7,5% au Danemark, 12,9% au Royaume uni, 18% en Espagne).
Le France se caractérise simultanément par une productivité remarquable des salariés. Le niveau de production évalué par le BIT était en 2003 de 52.000 dollars par salarié en France. La quatrième producivité au monde derrière les Etats-Unis, la Belgique et l'Irlande. Loin devant le Royaume Uni (45.000 dollars), l'Allemagne ou le Japon (42.000 dollars), et même la Suisse (39.000 dollars).
LES SALARIES SONT DAVANTAGES SOLLICITES AU PLAN PHYSIQUE ET PSYCHOLOGIQUE
Cette productivité française concetrée sur une part plus réduite de la population active n'est pas sans impact sur les conditions de travail et la qualité de vie des salariés. Ceci est mesuré par la DARES (Statitiques du ministère de l'emploi) qui relève dans son enquête 2006 que la pression liée au temps, à la pénibilité du travail, aux changements d'organisation, au contrôle du travail... continue d'augmenter chez les ouvriers . Ce phénomène a fortement augmenté entre 1984 et aujourd'hui. Ainsi 53% des salarié estiment que leur travail est imposé par "une demande extérieure à satisfaire immédiatement", alors qu'ils n'étaient que 28% en 1984. 25% des salariés ont "un rythme de travail imposé par des normes ou des délais de production à respecter en une heure ou plus" ; 5% étaient dans ce cas en 1984.
L'aggravation de la pression au travail croit avec celle de la pénibilité physique pour les salariés les moins qualifiés. En 2005, 64% des salariés non qualifiés déclarent "devoir porter ou déplacer des charges lourdes" contre moins de 40% en 1984. Et cet indice s'inscrit dans une hausse générale d'une pression physique au travail, qui est mesurable entre 1998 et 2005. le Taux de salariés déclarant "faire des mouvements douloureux ou fatigants" passe de 34 à 36% en moyenne, (soit 2% de hausse en moyenne, mais +7% chez les non-qualifiés). +7% également de salariés qui déclarent avoir un "rythme de travail imposé par des délais à respecter en une heure ou plus" entre 1998 et 2005. Le livre de Philippe Askenazy, Les désordres du travail (Seuil, République des Idées), a bien analysé cette évolution productiviste.
Chacun peut visualiser le travail de la caissière d'un supermarché. Elle va déplacer des milliers d'objets, de la brosse à dents jusqu'au pack promo de soda de 9 kilos, pour atteindre un total journalier de deux tonnes de marchandises déplacées et soulevées. Le tout en manipulant les objets pour trouver des codes-barres, saisir des données,... La pénibilité de ce travail s'est fortement accrue ces dernières décennies, et cela reflète une tendance générale du travail des salariés qui n'est pas visible. Elle se traduit par une hausse des troubles musculeux-squelettiques chez les salariés (mesurée en 2003 en région Pays de la Loire : ces pathologies dues à la manipulation d'objets lourds et aux gestes répétitifs concernaient 11% des hommes et 15% des femmes interrogées).
L'enquête SUMER réalisée par des médecins du travail pour les statiques du ministère du travail (DARES) permet également de constater une hausse continue de l'exposition aux produits chimiques pour les salariés du secteur privé (1 sur trois)... et une exposition à des produits cancérigènes pour 2,4 million de personnes (sur lesquels 42% le font sans protection pour au moins un produit). Ce ne sont pas seulement de nouvelles formes d'organisation qui changent la nature du travail, mais des environnements dégradés dus à l'utilisation de nouveaux produits toxiques dans les chaines de production. Le scandale de l'Amiante a mis en évidence ce phénomène : les fibroses dues à l'amiante ont été constatées chez des ouvriers des filatures dés 1906, mais il faudra attendre 90 ans pour que l'amiante soit interdit définitivement. Mais il ne doit pas masquer une augmentation continue de l'exposition à des produits toxiques toujours plus nombreux et diffus.
Pression physique, exposition à de nouveaux risques, mais aussi pression morale. Les suicides récents au technocentre Renault de Guyancourt, à la centrale EDF de Chinon ou au restaurant Sodexho de St Priest ont mis en évidence des phénomènes aggravés de stress au travail, qu'il serait trop simpliste de résumer au "harcellement moral". C'est plus globalement la quantité de travail et la gestion du temps, la difficulté à faire face, l'augmentation des contraintes d'organisation et des sollicitations permanentes d'adaptation en flux tendus qui génèrent un stress envahissant et un parfois un sentiment d'échec.
UNE NOUVELLE ORGANISATION DU TRAVAIL... QUI PERMET DE CONTOURNER TOUTE POLITIQUE DE PREVENTION
Depuis 20 ans, les entreprises ont davantage recours à des entreprises de sous-traitance pour assurer la maintenance de leurs matériel. Il s'agit également d'une externalisation des risques et des modalités de prévention... qui s'avèrent largement insuffisants. Le site Novethic a consacré un article fort intéressant à ce problème. Ce nouveau secteurs d'activité (450 000 salariés travaillent en France dans la maintenance, dont 250 000 dans le secteur industriel et 200 000 dans l’immobilier et le tertiaire) est fortement accidentogène (le double de la moyenne nationale), et le taux d'occurence de maladies professionnelles est dix fois plus élevé que la moyenne nationale. Qu’il travaille pour un prestataire ou dans un service interne aux entreprises, un salarié de maintenance est plus exposé aux risques qu’un collègue en poste en production. La diversité des interventions (polyexposition), souvent conduites sur des équipements en fonctionnement (entre 4 et 6 interventions différentes par jour pour un technicien de maintenance), expliquent en grande partie ce facteur risque, propre à ces métiers." note l'article de Novethic. La sociologue Annie Thebaud-Mony, auteur de "Travailler peut nuire gravement à votre santé" (La découverte) estime que « Nous assistons à une déstructuration du droit du travail. Les contraintes qu’imposent les donneurs d’ordre sur les sous traitants rendent difficiles l’établissement de véritables plans de prévention. Ce sont ces contradictions qui génèrent les accidents."
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L'augmentation du temps de travail avec des heures supplémentaires pour quelques salariés est-elle une réponse à ces réalités ? Elle constitue au contraire une fuite en avant. Là où il faudrait avoir un effort soutenu pour mieux partager le travail (notamment en direction de la jeunesse), pour améliorer le dialogue social dans l'entreprise, pour améliorer la qualité de vie des salariés, développer les secteurs de la prévention sanitaire, le bien-être... Nicolas Sarkozy propose seulement de travailler davantage à quelques uns. Et il propose en outre de supprimer les cotisations sociales sur ces heures, ce qui revient à programmer un "travail au noir légal". Pendant ce temps le chomeur restera chomeur, et les caisses de la sécurité sociale seront privées de recettes tout en devant faire face à de nouvelles pathologies. Cette politique est celle de l'inconséquence : l'impact sur la santé, sur l'environnement, sur la dette publique ou celle de la sécu... est simplement externalisée, et ses conséquences sont renvoyées à plus tard. Chacun pour soi, mais pourtant chacun est concerné par l'effet bommerang de cet aveuglement pour la société.
Il s'agit simplement de savoir s'il s'agit de réduire les écarts et les inégalités, où s'il faut les constater voire les encourager. C'est le choix entre gauche et droite et il est manifeste pour cette élection présidentielle.
14:10 Publié dans Economie, Politique, Questions sociales, Santé | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : emploi, économie, social, qualité de vie, gauche, santé, présidentielle
29/04/2007
Jour de rederie
Ce dimanche était le jour de la Rederie d'Amiens. Après l'orage de la matinée : distribution d'un tract appelant à voter pour Ségolène Royal au second tour avec les militants des Verts. On croise quelques militants socialistes qui distribuent également.
Les points de vue des gens sont souvent assez tranchés, que ce soit pour l'une ou l'autre des candidats. Mais l'écart mesuré entre les candidats dans les sondages se resserre. Tout est donc ouvert.
A 11h, J'ai participé à la cérémonie officielle commémorant le 62eme anniversaire de la libération des camps de déportation, place René Goblet.
19:10 Publié dans Amiens, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielle, gauche
28/04/2007
La dynamique est du côté de Royal
J'ai participé hier soir en tant que porte-parole des Verts à la réunion publique qui était organisée à Amiens dans le cadre de la campagne du second tour. Avec les représentants du PC (Joel Carliez), du PRG (Jean-Jacques Stauter) et du PS (Vincent Peillon), nous avons appelé à mobiliser les électeurs en vue de la victoire de Ségolène Royal dimanche 6 mai. La dynamique est à gauche.
Le goût du débat apaisé et constructif est à gauche aussi. Le "dialogue" entre Bayrou et Royal nous a placé à mille lieux de la logique de confrontation et de conflit d'un Nicolas Sarkozy, qui ne cesse dans ses propos de désigner des coupables, de diviser le pays en deux. Sa réaction excédée suite à un débat qu'il a tenté d'empecher par tous les moyens est révélatrice de l'attitude hégémonique que peut avoir ce candidat.
15:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, gauche
27/04/2007
Une manif de droite
12:15 Publié dans Politique, Presque sérieux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielle
26/04/2007
Amiens - Réunion publique de soutien à Ségolène Royal
Réunion publique de soutien à Ségolène Royal avec des représentants locaux du PS, du PCF, du PRG, des VERTS,... vendredi 27 avril 20h30 Salle Dewailly, Amiens
08:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, élections, gauche
25/04/2007
Sarkozy : le slogan le plus mensonger
Je trouve le projet de Nicolas Sarkozy néfaste et même dangereux pour le pays : accroissement des inégalités, logique de compétition économique et de croissance sans préoccupation environnementale ou sociale, provocation verbale stigmatisant des parties de la population, relégation des étrangers... toutes les mesures proposées sont associées à une defiscalisation, donc à un recul du politique dans le champ économique et social, pendant que les pouvoirs régaliens sont renforcés (armée, police) dans un esprit sécuritaire.
Tout cela est bien entendu agrémenté de sourires et d'un aplomb phénoménal qui emballent une communication à laquelle les médias ne sont pas indifférents.
Ainsi, lorsque Nicolas Sarkozy se hasarde à des présupposés imbéciles sur la prédisposition génétique de la pédophilie, on estime que décidément "il est allé trop loin", que ses propos sont "alarmants", etc... mais on ne remet pas en cause sa capacité à être un chef d'Etat comme cela a été fait quand Ségolène Royal a pu faire quelques bourdes (bien moins gravissimes). Le machisme ambiant dans la politique et les medias, celui qui se pratique comme M. jourdain faisait de la prose, a encore de beaux jours devant lui.
Peut-être est-ce l'habileté à communiquer de Nicolas Sarkozy qui a séduit Gilles de Robien dans son soutien à cette candidature à droite de la droite.
Il reste que le slogan restera comme l'un des plus mensongers de la campagne : "Ensemble, tout devient possible". Nicolas Sarkozy, un homme en devenir ? C'est pourtant lui qui porte sur ses épaules une partie des années de la droite au gouvernement. Presque tous les ministres des gouvernements Villepin et Raffarin soutiennent Nicolas Sarkozy. Ce qui est "possible", on l'a déjà expérimenté pendant cinq ans avec la droite. La rupture est une imposture.
L'utilisation du mot "Ensemble" prête également à sourire : le promoteur de l'indivualisme forcené, de la loi du plus fort, c'est bien Nicolas Sarkozy. "Ensemble" c'est un mot de communiquant pour la période électorale.
Mais évidément, si Nicolas Sarkozy avait intitulé son affiche "Comme pendant cinq ans, ce sera chacun pour soi, en pire". Cela aurait été moins séducteur pour l'électorat. Mais il y a des communiquants pour vous habiller tout ça.
J'espère que nos concitoyens sauront réagir face à une personnalité politique qui use d'un tel mépris à leur endroit.
09:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : gauche, communication, démocratie, présidentielle































