04/04/2007
Grande vitesse du TGV EST : vive le train !
574.8 km/h sur la ligne TGV est-européenne ce 3 avril, C'est une belle prouesse technique qui permet de démontrer que le train est un moyen de transport sûr et performant. Face à la gabegie énergétique que constitue le transport aérien et face aux projets autoroutiers qui se succèdent encore en poursuivant la logique du "tout-routier" en ignorant la question climatique (Comme l'A24 à Amiens), le transport ferroviaire constitue une alternative qu'il faut encourager et développer. Les Lignes à Grande Vitesse (LGV) sont la seule réponse aux transports continentaux qui soit réellement compatible avec un développement durable. A franchement parler, le record en lui-même n'a pas beaucoup de sens. Mais il met en exergue un professionnalisme, une ingéniérie, une qualité de matériel roulant, une sécurité,... qui tiennent ici à l'initiative d'une entreprise publique (il faut s'en féliciter). Par ailleurs, il donne des perspectives d'emploi et d'activité dans un secteur qu'il faut continuer à développer. C'est une bonne chose que le transport ferroviaire dispose d'un équipement de pointe et le développement des LGV doit être encouragé politiquement et financièrement, non seulement au niveau national, mais aussi au niveau européen. C'est un enjeu écologique de premier ordre de disposer d'alternatives à la route et plus encore à l'avion, qui est extrêmement polluant et énergivore. Maintenant, cette belle vitrine ne doit pas faire oublier le quotidien : Les trains de banlieue en Ile-de-France, les TER (Trains express régionaux), les lignes Corail qui ne sont pas toutes rénovées ou électrifiées comme Amiens-Boulogne.... Pour que le réseau ferroviaire soit performant, il doit être cohérent et de qualité partout. Le transport de marchandises par rail est également à la peine. Vitesse commerciale faible, et un faible dynamisme de l'entreprise pour concurencer la route. Mais pour en arriver à un réseau et à des équipements performants partout, il faut procéder à de lourds investissements. Les Conseils régionaux font un effort important pour soutenir les TER, c'est le cas en Picardie. Mais il y a encore beaucoup à faire. --- Et en Picardie ? Ah le TGV par Amiens. La grande lutte des années 80 où tous les politiques locaux se sont avérés inefficaces, et le train est finalement passé dans les champs loin d'Amiens et de St Quentin, pour s'arrêter à la fameuse gare des betteraves. En 2003, le ministre des transports Gilles de Robien a ressorti de son chapeau une LGV par Amiens. En fait un barreau qui partirait de la LGV Nord pour rejoindre directement le tunnel sous la Manche. Le Président Chirac l'avait même confirmé en venant à Amiens : vous aurez une autoroute A24 ET un canal Seine-Nord ET un TGV.... Pas de choix à faire puisqu'on ferait tout. La dette publique n'est plus à quelques dizaines de milliards prêts. Ca, c'était pour la galerie. En réalité, le dossier déposé par RFF (Réseau Ferré de France) à la commission nationale du débat public à la demande de M. De Robien était tellement mal ficelé et incomplet qu'il a été vite retoqué. Et les promesses du ministre De Robien et du Président Chirac ? Envolées. La LGV est tombée à l'eau. Comme pincemi et pincemoi dans le bateau, il ne reste que l'Autoroute. On se pince en effet. Mais je crois qu'on pose le problème à l'envers. Faut-il un TGV à Amiens aujourd'hui ? Si chaque ville de plus de 100.000 habitants réclame son TGV, cela risque de coûter très cher à RFF. La bataille des années 80 était légitime, il était préférable de faire un "Y" à Amiens pour les TGV à destination de Lille/Bruxelles ou du tunnel. Hélas cette bataille a été perdue. Attendre un TGV à Amiens, c'est se préparer à attendre longtemps, très longtemps. Promettre un TGV à Amiens demain, c'est mentir aux Amiénois car ce chantier ne sera pas prioritaire pour RFF et la SNCF. Et en attendant on resterait les bras croisés à ne rien faire pour le ferroviaire dans la région ? Par principe, je suis favorable au TGV par Amiens. La raison me dit que ce sera long. En attendant, il y a des choix importants à faire. Pour les voyageurs, il est nécesssaire d'améliorer la qualité de la liaison Amiens - Boulogne. Si des investissements doivent être réalisés, ils concernent au premier chef l'électrification du tronçon vers Boulogne, l'amélioration de la fréquence et de la rapidité des trains, ce qui implique des changements de machines, et des travaux sur le réseau. Le réseau TER vers Lille, Rouen, Compiègne nécessite également des améliorations importantes. En ce qui concerne le transport de marchandises, la situation ferroviaire d'Amiens n'a jamais été vraiment exploitée ou même défendue par la majorité municipale. Prompte à vanter les autoroutes et à demander de nouvelles, elle oublie en revanche de mentionner les atouts ferroviaires de la ville dans le Plan d'Aménagement et de Développement durable. Un comble. C'est pourtant potentiellement un formidable chantier à promouvoir : Le Havre est un port de containers qui cherche des débouchés ferroviaires. Amiens et Longueau sont des cités cheminotes bien situées au nord de Paris, sur la route de l'Allemagne et de l'est de l'Europe, ou vers le tunnel. Ce sont des atouts pour le transport combiné de marchandises qui ont été délaissés jusqu'à aujourd'hui. Au profit exclusif du tout-routier avec la multiplication d'autoroutes. Le TGV-Est, c'est la démonstration que le train peut être performant et attractif. Il reste à aller non seulement plus vite, mais aussi plus loin pour permettre au train de se développer mieux encore. Ce n'est pas le train "en plus" du reste, c'est une priorité face au reste et aux autoroutes, face à l'urgence des crises énergétiques et climatiques qui dont devant nous.
23:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écologie, transports, train, Picardie, A24, emploi, climat
24/03/2007
A24 = fausse route
Aujourd'hui, une pensée et un encouragement pour les militants belges et français qui vont se retrouver au pont reliant les deux villages de Warneton : l'un en France, l'autre en Belgique. Ils vont dire "Non à l'A 24" comme nous l'avions dit lors de la manifestation de Lille, le 21 octobre 2006 (photo), lors de la rando-vélo contre l'A24 entre Amiens et Villers-Bocage, le 24 juin 2006, ou au conseil municipal d'Amiens - avec l'opposition de gauche - contre le voeu favorable de la majorité.
Les conférences internationales sur le climat s'enchainent. Chaque fois, le diagnostic est plus précis et de ce fait plus inquiétant. L'action de l'homme sur le climat génère des déséquilibres dangereux, et son coût économique et social sera important comme l'a montré le rapport Stern. Tout le monde est concerné.
Face à cette réalité, imperturbable, la France programme de nouvelles Autoroutes et encourage le "tout-routier"... au lieu de s'engager sur la voie des alternatives (ferroviaire, transport combiné...). Le transport routier est responsable de la plus grande proportion des émanations de CO2.
C'est Gilles de Robien qui a ressorti l'autoroute A24 des cartons lorsqu'il était ministre des transports. C'est une erreur pour la planète et pour Amiens. Cette autoroute est inutile, coûteuse, polluante, et fait du tort aux territoires qu'elle traverse... d'autres actions auront lieu prochainement pour contester ce projet avec le Collectif pour une alternative à l'A24.
12:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : A24, Transports, climat, effet de serre, ferroviaire, écologie































