13/05/2007

Tous les pouvoirs à l'UMP ?

medium_file_252680_204643.jpg Nicolas Sarkozy en vacances "tous frais payés" par l'industriel Vincent Bolloré, avec l'utilisation d'un avion et d'un yacht dans le paquet cadeau, cela a choqué beaucoup de monde. Il y a un côté provocateur et presse people dans le fait d'afficher son train de vie de façon aussi ostentatoire quand des millions de français ne partent jamais en vacances. Pourtant, ce n'est pas tant le luxe affiché du voyage qui m'a choqué que l'organisation évidente de ce voyage par un industriel pour le président le lendemain de l'élection. Le fait qu'Anne Lauvergeon, présidente d'AREVA, soit sollicitée pour entrer au gouvernement participe également d'une proximité naturelle entre la puissance économique, de capitaux privés ou publics, et le pouvoir politique. Certains médias, mais aussi les candidats Ségolène Royal et François Bayrou avaient insisté sur ce risque de concentration des pouvoirs. La chronique a voulu que le nom de Vincent Bolloré vienne s'ajouter à ceux de Martin Bouygues ou Arnaud Lagardère, cités régulièrement comme des proches du nouveau président alors qu'ils possèdent dans l'éventail de leur pouvoir économique des médias très influents. Cette connivence entre l'économique et le politique n'est pas saine. L'économie a besoin d'être régulée par la politique, et l'Etat UMP nous laisse le sentiment que c'est le contraire qui va se produire. Et ceci sans véritables contre-pouvoirs, car le sommet de l'Etat est occupé depuis 12 ans par l'UMP. Aujourd'hui, le président est UMP, le Sénat lui est acquis et les institutions dont les membres sont nommés par les instances politiques (Conseil constitutionnel, CSA,...) ont été renouvelées sous des mandats UMP. Reste l'Assemblée nationale, qui sera renouvellée les 10 et 17 juin. L'enjeu n'est plus de trancher des projets de société différents, mais de savoir si cette chambre parlementaire vient s'ajouter à la liste des institutions sous contrôle du même parti. Pendant cinq ans de gouvernements Raffarin et Villepin, la chambre bleue UMP n'a pas été à l'écoute du pays : la crise des banlieues et le CPE ont illustré ce décalage. Il ne faut pas reproduire cette erreur avec un parti représentant 30% de la population qui obtient plus de 60% des sièges. Il faut une Assemblée nationale qui représente la diversité de la société française, pour bien relayer les aspirations des électeurs et pour ne pas laisser l'UMP en situation de toute puissance. En étant candidat aux législatives sur la circonscription d' Amiens / Boves, je m'inscris dans cette perspective. Je souhaite rassembler les électeurs au premier puis au second tour pour gagner face à l'UMP et à ses soutiens. Pour un meilleur fonctionnement de la démocratie à l'Assemblée nationale, et pour bousculer la répartition des rôles entre Gilles de Robien et Maxime Gremetz depuis 20 ans à Amiens.