20.06.2007

Le temps de la refondation

Dimanche fut moins bleu que prévu, le contre-pouvoir à l'UMP est surtout rose, rouge, un peu vert ou orange. L'élection de quatre députés Verts - Martine Billard, Yves Cochet, Noel Mamère réélus et François de Rugy nouvellement élu à Nantes - est une excellente nouvelle dans ce contexte. J'ai aussi une pensée pour Aurélie Filippetti, amie élue en Lorraine sous les couleurs du Parti socialiste après avoir été chez les Verts.

Mais l'UMP a néanmoins gagné, et cette situation d'opposition n'est pas réjouissante. Il faut songer à la façon dont l'alternative peut se mettre en place. Les appareils politiques doivent s'intérroger et se renouveller, c'est vrai pour tous les partis - dans l'idée d'une coalition majoritaire à construire demain - mais je me préoccupe d'abord de la refondation de l'écologie politique.

Ce chantier est désormais ouvert. Une recontre a lieu à Tours le samedi 30 juin dans l'objectif de proposer une éco-refondation à tous les écologistes, pour dépasser les blocages structurels et erreurs politiques sur lesquels les Verts butent depuis plusieur années maintenant. La contribution "Pour un nouveau parti vert" est déposée dans ce cadre.

01.06.2007

L'école publique doit rester une priorité

medium_P1000868.jpg Négligée pendant 5 ans de gouvernements Raffarin et Villepin, lʼécole publique risque dʼêtre encore une fois délaissée avec lʼUMP.

La carte scolaire doit être maintenue : Le projet de suppression de la carte scolaire, que le gouvernement veut expérimenter dès la rentrée 2007, constitue une première attaque contre lʼécole de la République, ouvrant la voie à une mise en concurrence des établissements.
Ce sont les écoles qui auront leur liberté de recrutement ; ce ne sont pas les familles qui auront le choix de leur école. La «sélection» inévitable qui va sʼen suivre risque de creuser des écarts entre écoles. La carte scolaire mérite des aménagements, mais elle doit être maintenue pour assurer la diversité sociale.

Suppressions de classes et de postes dʼenseignants en perspective : Les postes dʼenseignants et les classes sont la cible de mesures de suppressions chaque année en Picardie et à Amiens. Pourtant notre région a des besoins plus importants, avec des résultats scolaires inférieurs à la moyenne nationale.

De plus, lʼaccueil des élèves handicapés en classes ordinaires et la création de nouvelles Classes dʼintégration (CLIS) correspondent à des besoins croissants sur lesquels des personnels doivent être affectés. Les moyens doivent être maintenus à Amiens et en Picardie pour compenser les besoins non satisfaits.

31.05.2007

sondage : répondez et soyez récompensés...

L'économiste Philippe Askenazy, qui tient un blog fort intéressant sur le site du Nouvel obs , nous invite à consulter le site de la société New Panel, qui effectue une sélection parmi des "volontaires" pour des sondages qui sont ensuite cités comme des sources dans certains médias (tels LCI, Le Figaro...)

"Mais la plupart du temps les médias oublient de préciser la méthodologie d’OpinionWay. Les sondages sont réalisés, comme ceux des autres instituts, sur des échantillons d’environ 1000 personnes et utilisent la méthode des quotas. Plus original, les personnes sont généralement interrogées en ligne par un système de chat. Elles sont choisies au sein du panel NewPanel http://www.newpanel.com/current/index.htm N’importe qui peut adhérer à ce panel. Le membre reçoit en dédommagement des miles et donc in fine des cadeaux."

Une bien curieuse méthode en effet...

28.05.2007

Franchise médicale : Quel avenir pour la sécu ?

Avec lʼUMP, vous serez bien soignés… … si vous en avez les moyens.

Contrairement à ce que veut nous faire croire la communication « sociale » du gouvernement, le programme de lʼUMP va mettre en difficulté bon nombre de personnes et familles aux revenux modestes.

Pendant cinq ans de gouvernements Raffarin et Villepin, les députés UMP qui avaient une majorité écrasante ont creusé les inégalités. La santé est devenue plus coûteuse : tarifs de consultation plus élevés et pour laquelle le patient doit commencer à payer ; beaucoup de dépassements dʼhonoraires pour les soins — ce qui coûte entre 1 et 2 milliards directement aux patients.

LʼUMP veut aller encore plus loin :
• Instauration dʼune FRANCHISE pour les actes médicaux, cʼest-à-dire un montant annuel de dépense en dessous duquel lʼassurance maladie ne remboursera rien. Franchise qui, pour mieux décourager dʼengager des dépenses de premiers soins, ne sera pas remboursable par les assurances complémentaires.
• Libéralisation des tarifs de consultation pour mettre les généralistes au même tarif que les spécialistes.
• Baisse des impôts et des cotisations sociales, surtout pour les plus aisés. Cʼest-à-dire moins dʼargent dans les caisses de lʼEtat, avec le risque dʼune baisse des financements pour des services publics indispensables pour tous : santé, hôpitaux, environnement.

Je refuse ces mesures injustes, économiquement inefficaces et dangereuses pour la santé publique.

Je suis favorable à un plafonnement des dépassements dʼhonoraires.

Je souhaite réformer le système à deux vitesses qui sʼest installé à lʼhôpital : soins plus rapides pour ceux qui paient des actes privés et file dʼattente pour les autres.

Je souhaite une revalorisation des aides sociales concernant les personnes dépendantes et ceux qui les aident au quotidien.

(tract distribué dans le cadre de la campagne des élections législatives dans la deuxième circonscription de la Somme)

26.05.2007

Pesticides : une pétition en ligne

medium_2377783914.jpgJ'ai signé la pétition de France Nature environnement qui demande notamment :
- le retrait, de la liste des pesticides homologués, de toutes les substances cancérigènes, mutagènes et dangereuses pour la reproduction,
- un encouragement des pratiques alternatives (assolements diversifiés, rotations longues, entretiens sans herbicides dans le cadre des aides aux plantations forestières, etc.) ...

Vous trouverez la pétition en ligne à cette adresse.

Le site du MDRGF contient beaucoup d'informations sur les pesticides, qui posent des problèmes importants de santé publique : pour les agriculteurs qui les utilisent, pour les consommateurs bien sûr, et en raison de leur impact sur la qualité de l'eau.

25.05.2007

Défiscalisation des interêts d'emprunt, c'est injuste, inefficace et imprévoyant.

Alors qu'il est en campagne électorale pour l'UMP, le nouveau président de la République vient de s'engager sur de nouvelles promesses concernant la défiscalisation des intérêts d'emprunt en cours pour la résidence principale, "comme il est naturel, normal et juste" selon lui.

On passera sur la cacophonie gouvernementale et sur le style très berlusconien du président. Faisons simplement un calcul de coin de table à propos de cette mesure que Nicolas Sarkozy inscrit dans son projet de faire de la France un "pays de propriétaires".

Dans le quotidien Le Monde, on peut lire "Les professionnels de l'immobilier font tourner leur calculette. D'après le site de courtage meilleurstaux.com, un acquéreur qui emprunte 140 000 euros sur 15 ans, au taux d'intérêt de 4 %, et qui déduit de son impôt 20 % des intérêts d'emprunt, récupérera 4 883 euros sur cinq ans et 8 100 euros sur 10 ans. Avec un crédit sur 20 ans au taux de 4,15 %, le gain sera de 5 318 euros cumulé sur cinq ans et 9 787 euros sur dix ans."

La FNAIM - organisation professionnelle - avance pour sa part le taux moyen d'augmentation du marché de l'immobilier : +10,4% en 2002, +14,3% en 2003, +15,4% en 2004, +10,4% en 2005, +7.1% en 2006. Cette évaluation est le fait de professionnels de l'immobilier. Les notaires évaluent généralement une hausse supérieure à celle des agents. Mais conservons cette base : elle implique qu'un bien acheté 140.000 euros en 2001 a atteint une valeur d'environ 240.000 euros en 2007.

Double récompense pour l'acheteur qui a programmé un achat dans les conditions fixées par le marché, voit son bien gagner une valeur importante, et sera finalement récompensé par l'Etat avec un cadeau fiscal de quelques milliers d'euros..

L'impact sur le marché de l'immobilier est difficile à évaluer. Mais si l'augmentation du prix de l'immobilier a été moins forte ces deux dernières années, c'est notamment en raison des problèmes de solvabilité des ménages. Pour tous ceux qui calculent et recalculent leur capacité d'emprunt pour estimer s'ils vont s'en sortir, on peut douter que le cadeau fiscal Sarkozy sera décisif. Aujourd'hui ils misent sur l'éloignement du centre-ville pour acheter moins cher, au rique d'échelonner le prix du transport et une qualité de vie réduite sur 20 ou 30 ans. Le cadeau fiscal ne répond pas à ce phénomène, il laisse faire le marché. Mais le marché fonctionne à très court terme et ne se soucie pas de l'avenir.

Au final, le coût de l'opération est difficile à estimer car les modalités restent floues, mais ce sont entre 2 et 5 milliards qui n'iront pas dans les caisses de l'Etat et qui seront utilisées directement par un public appartenant à des "classes moyennes et supérieures" : à quelle fin ? On ne sait pas. Ce sera peut-être pour acheter le dernier écran plat du marché (mince, c'est un produit d'importation...), ou pour financer les études du petit dernier (oui, cela creusera un peu plus l'écart avec ceux qui ne paient pas d'impot et n'auront reçu aucun avantage...), ils pourront aussi faire un don à une association caritative, isoler leur maison ou faire un voyage en avion. Au final le bénéfice de cette opération pour la société va se noyer dans une multitude d'intérêts contradictoires laissés à la libre appréciation des benéficiaires.

Qu'est-ce que l'Etat aurait pu faire avec ces 2 à 5 milliards ? Concentrer le tir, par exemple pour investir dans l'Université et la recherche qui ont besoin de moyens pour préparer l'avenir, répondre à des besoins de services publics en milieu rural et dans les quartiers, engager un plan d'isolement du bâti ancien ou encore aider les bailleurs sociaux à acquerir du foncier en zone urbaine...

Ce désengagment fiscal de l'Etat n'est pas "naturel, normal et juste", il est injuste, inefficace et imprévoyant.

22.05.2007

Communication présidentielle, acte 2

Malin Sarkozy... Il a été descendu en flèche par les associations de protection de l'environnement qui avaient trouvé son programme électoral bien peu compatible avec l'écologie, et le voilà qu'il les réunit toutes pour préparer un Grenelle de l'environnement.

On notera que la communication a été soignée. Ce n'est pas l'obscur président d'une association qui se retrouve sur les photos, mais un visage familier, celui de Nicolas Hulot, et ensuite celui d'Allain Bougrain-Dubourg. Cela démontre que la volonté d'affichage était bien là. Avant les législatives, on communique coco. Et le nouveau président est ami avec tout le monde.

Entre ici Anne Lauvergeon, présidente d'AREVA, ou Jean-Michel Lemetayer, président de la FNSEA... Entre ici Christine Boutin et Bernard Kouchner, entre ici Greenpeace, Nicolas Hulot ou le WWF... Demain ce sera le tour du CPNT ou de l'automobile club de France ? On ne se préoccupe pas de savoir ce que va donner tout cela, ca fait des photos sur le perron de l'Elysée et c'est ce qui est voulu pour le moment par le nouveau président. Les législatives ont lieu dans trois semaines.

Mais plaçons nous dans la peau de celui qui veut y croire. Mettons de côté le peu de confiance que nous pouvons avoir en Nicolas Sarkozy qui a réitéré son soutien au nucléaire. Mettons de côté le soutien indéfectible du RPR puis de l'UMP à la PAC folle et aux OGM. Mettons de côté le fait que la croissance économique aveugle va vite entrer en contradiction avec la nécessité de protéger la biodiversité, l'eau, l'air,... et qu'il va bien être difficile de concilier des lobbies aussi différents dans leurs objectifs et leurs moyens.

Donc, au delà des effets d'affichage, regardons la réalité :

1 - le président de la république reçoit les associations
2 - le ministère qui doit s'occuper des dossiers a un rang élevé dans le gouvernement
3 - un sommet sur l'environnement est programmé
4 - les associations conviées et qui ont répondu présent sont toutes sérieuses et reconnues.
5- la liste des thèmes retenus est : la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité et notamment les ressources halieutiques, les questions qui lient santé et environnement, l'aménagement rural et la politique agricole, la gestion des ressources naturelles, dont l'eau, et enfin la question de la gouvernance écologique.

Même en étant sans illusions, il y a une part de positif là dedans qu'il faut reconnaître. Souhaitons bon courage aux associations pour qu'elles obtiennent des avancées, même modestes, sur ces sujets, dans le contexte du moment. C'est aussi leur rôle.

On peut quand même noter une vraie fausse note. La liste des thèmes évoqués ne contient pas celui de l'énergie, qui est une question primordiale pour les années et décennies qui viennent.
Non seulement la question du nucléaire est ainsi évacuée, mais pareillement les enjeux liés aux énergies fossiles. Et la porte d'entrée sur ces questions ne peut être uniquement le rechauffement climatique puisqu'il s'agit également d'épuisement des ressources (en pétrole, en gaz, en uranium, en métaux...)
La question du carburant et du moteur du productivisme et de notre société consumériste n'est donc pas traitée. On risque d'en rester à son pot d'échappement. C'est mieux que rien, mais pour changer d'échelle sur ces questions il faut aussi avoir le courage d'affronter ces réalités au lieu de pratiquer la fuite en avant.
Cette mise sous le coude des questions énergétiques est un premier choix très contestable, qui n'est pas de bon augure pour la suite.

19.05.2007

Notre société est dans notre assiette

medium_1074ARG.2.jpgNotre société vit une course folle à la production et à la consommation. Cela est apparu au grand jour sous forme de crises : vache folle, OGM que les sociétés semencières entendent imposer aux citoyens.
Le modèle dʼalimentation formaté par la grande distribution et les grandes chaines de restauration tire les prix vers le bas. Résultat : une qualité médiocre et des conséquences sur la santé des consommateurs (déséquilibres alimentaires, excès de sel, de sucres, de graisses,obésité…).
La politique agricole de lʼUnion européenne (la PAC) ne corrige pas cette dérive en financant massivement la production de viandes et de céréales dans des conditions qui favorisent la pollution des sols et de lʼeau, et qui déstabilisent les plus petits exploitants.
Les riches céréaliers en sont les principaux bénéficiaires. LʼUMP sʼapprête à poursuivre la même voie absurde défendue de longue date par le gouvernement français.
Dʼautres choix sont possibles en encourageant financièrement et par les règlements des productions de qualité pour une alimentation de qualité. Cʼest ainsi que nous pourrons augmenter la consommation des fruits et légumes comme le recommandent tous les nutritionnistes, que nous pourrons manger des produits de saison pour conserver leur goût et limiter les traitements et les transports.
Sʼagit-il là dʼune politique élitiste comme on lʼentend parfois ? Le bio serait-il réservé aux bobos ? Absolument pas. Par exemple, la restauration scolaire — qui touche tout le monde et concerne les communes — pourrait être un moyen puissant de faire changer les choses. LʼEtat doit sʼengager dans cette voie et aider lʼagriculture qui respecte le mieux lʼenvironnement.
Pour une alimentation de qualité. Pour une agriculture qui préserve les territoires. Aux élections législatives, les 10 et 17 juin, il faut rééquilibrer les pouvoirs.

18.05.2007

Communication présidentielle, acte 1

medium_c_fromage_b.gif Malin Sarkozy... après avoir été désigné par l'UMP puis par les Français sur une ligne très à droite, il donne des gages d'ouverture à gauche avec la composition de ce gouvernement, et la visite du premier ministre dans un centre pour femmes battues.

On peut toutefois rester songeur sur l'opportunisme de cet affichage tant il est lourdement appuyé, quelques semaines avant les élections législatives. On dirait qu'il s'agit de rassurer l'opinion pour éviter toute tentation de rééquilibrage des pouvoirs.

La présence de Bernard Kouchner au ministère des affaires étrangères, de Martin Hirsch au poste de haut commissaire... est toutefois un enseignement.

D'abord un enseignement sur l'état de la gauche, incapable de gagner au second tour et finalement incapable de retenir des personnalités dont la valeur est généralement reconnue (c'est plus partagé pour Kouchner). En l'état, le PS n'est pas capable de fédérer et de gagner. La cacophonie de ces dernières semaines entre Henri Emmanuelli, DSK, François Hollande ou Michel Rocard à propos de la stratégie du PS revèle des tensions internes qui empêchent ce parti de parler d'une voix forte, parce qu'on y courre après plusieurs stratégies à la fois. Le problème ne se pose pas qu'au PS, mais comme ce dernier a appelé au vote utile et qu'il prétend dominer à gauche, il devrait au minimum démontrer son utilité.

C'est aussi un enseignement sur les médias, qui ont relayé massivement la communication Nicolas Sarkozy comme une évidence. Ainsi Christiane Taubira a formellement démenti toute approche concernant le gouvernement mais son nom a été cité. Le cas Kouchner n'a pas fait l'objet d'un examen de ses positions à propos de la guerre en Irak, qu'il avait soutenu. Martin Hirsch est dans la liste du gouvernement alors qu'il n'en est pas membre. Enfin, le footing et le yacht auront donné des images à une presse qui en est avide... parfois au détriment du fond, souvent en relayant sans filtre la communication officielle. On comprend mieux le phénomène Berlusconi quand on le vit en direct.

Pendant que des images sans contenu défilent sous nos yeux. On attend de voir quelle sera la politique réelle du gouvernement. Il ne faut pas faire de procès d'intention, ce sont les actes qui comptent. Mais le souvenir de cinq ans de droite parlementaire UMP dominant l'Assemblée ne laisse pas le souvenir d'une approche ouverte et sociale. Pendant 5 ans, les députés UMP hégémoniques ont voté l'aggravation des inégalités, les restrictions de libertés publiques, fait de la parole environnementale sans actes et sans budgets (à ce sujet, voir le rapport sur cinq ans de d'écologie de droite vus de l'Assemblée nationale proposé par Yves Cochet et Barbara Pompili).

Tout cela laisse penser que la tactique de communication de Nicolas Sarkozy à propos du gouvernement ressemble au morceau de fromage dans le piège à souris. On peut huler au piège, et faire du "tout sauf Sarkozy", mais si la souris a envie de manger le fromage, elle le croquera quand même.

Ou bien il faut lui proposer un autre fromage, plus apétissant, et sans piège au dessus. C'est tout le travail de projet auquel doivent s'atteler les forces de l'alternative à Sarkozy : la gauche critique si elle clarifie la question de sa participation aux affaires, les socio-démocrates si le ps se refonde, les centristes s'ils s'orientent vers le centre-gauche, les écologistes s'ils se refondent. Ces forces ne sont pas encore prêtes pour cette élection ci, mais elles doivent former le contre-pouvoir à l'UMP, puis se poser la question de la coalition et du projet qu'il faudra lui opposer. Et il ne faudra pas attendre le dernier moment.

13.05.2007

Tous les pouvoirs à l'UMP ?

medium_file_252680_204643.jpg Nicolas Sarkozy en vacances "tous frais payés" par l'industriel Vincent Bolloré, avec l'utilisation d'un avion et d'un yacht dans le paquet cadeau, cela a choqué beaucoup de monde.

Il y a un côté provocateur et presse people dans le fait d'afficher son train de vie de façon aussi ostentatoire quand des millions de français ne partent jamais en vacances. Pourtant, ce n'est pas tant le luxe affiché du voyage qui m'a choqué que l'organisation évidente de ce voyage par un industriel pour le président le lendemain de l'élection. Le fait qu'Anne Lauvergeon, présidente d'AREVA, soit sollicitée pour entrer au gouvernement participe également d'une proximité naturelle entre la puissance économique, de capitaux privés ou publics, et le pouvoir politique.

Certains médias, mais aussi les candidats Ségolène Royal et François Bayrou avaient insisté sur ce risque de concentration des pouvoirs. La chronique a voulu que le nom de Vincent Bolloré vienne s'ajouter à ceux de Martin Bouygues ou Arnaud Lagardère, cités régulièrement comme des proches du nouveau président alors qu'ils possèdent dans l'éventail de leur pouvoir économique des médias très influents.

Cette connivence entre l'économique et le politique n'est pas saine. L'économie a besoin d'être régulée par la politique, et l'Etat UMP nous laisse le sentiment que c'est le contraire qui va se produire.

Et ceci sans véritables contre-pouvoirs, car le sommet de l'Etat est occupé depuis 12 ans par l'UMP. Aujourd'hui, le président est UMP, le Sénat lui est acquis et les institutions dont les membres sont nommés par les instances politiques (Conseil constitutionnel, CSA,...) ont été renouvelées sous des mandats UMP.

Reste l'Assemblée nationale, qui sera renouvellée les 10 et 17 juin. L'enjeu n'est plus de trancher des projets de société différents, mais de savoir si cette chambre parlementaire vient s'ajouter à la liste des institutions sous contrôle du même parti.


Pendant cinq ans de gouvernements Raffarin et Villepin, la chambre bleue UMP n'a pas été à l'écoute du pays : la crise des banlieues et le CPE ont illustré ce décalage. Il ne faut pas reproduire cette erreur avec un parti représentant 30% de la population qui obtient plus de 60% des sièges.

Il faut une Assemblée nationale qui représente la diversité de la société française, pour bien relayer les aspirations des électeurs et pour ne pas laisser l'UMP en situation de toute puissance.

En étant candidat aux législatives sur la circonscription d' Amiens / Boves, je m'inscris dans cette perspective. Je souhaite rassembler les électeurs au premier puis au second tour pour gagner face à l'UMP et à ses soutiens. Pour un meilleur fonctionnement de la démocratie à l'Assemblée nationale, et pour bousculer la répartition des rôles entre Gilles de Robien et Maxime Gremetz depuis 20 ans à Amiens.

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