31/05/2009

MI 5, série sous tension

C'est sans doute culturel, mais j'ai rarement été convaincu par les séries policières et d'espionnage américaines (Les Sopranos, c'est un peu hors catégories). Les dernières en date que j'ai essayé, Dexter et 24, m'ont un peu ennuyé. Pas emballé par l'esthétisation de la violence et une sorte de justification du crime (un gentil serial-killer qui tue des méchants... mouais...) dans Dexter (bon, j'ai arrêté au bout de deux épisodes, il faut me dire si ça évolue ensuite), j'ai aussi vite été fatigué de Jack Bauer torturant des méchants terroristes pour sauver le très gentil président entre deux conduites en sens inverse avec son 4x4 sur les autoroutes de L.A. Pas beaucoup de place pour les subtilités psychologiques dans 24. Jack Bauer aime la famille (enfin, la sienne surtout), l'amérique et son téléphone portable.
La série britannique MI5 apparait  comme son cousin européen, mais avec un traitement plus réaliste, et en tout cas moins binaire. Pourtant c'est avant tout une série d'espionnage, avec ce qu'il faut d'action, de rebondissements, de gadgets technologiques...  Toutefois, les personnages sont ici écrasés entre les impératifs de leur métier (le secret, la violence, les intérêts réels qu'il servent) et ce qu'ils éprouvent à titre privé. Certains sont écrasés par ces zones d'ombre, doutent, craquent. Leurs vies privées sont généralement assez catastrophiques.
D'autres périssent pendant leurs missions, ce qui contribue à mettre les personnages sous nos yeux dans une tension permanente.
Le monde dans lequel évoluent ces espions ("Spooks" en argot,  titre original de la série) est celui de la globalisation, du terrorisme international, des multinationales, de la coopération ambigüe avec les Etats-Unis. Comme souvent dans les séries britanniques, les acteurs sont excellents. Une série dense et nerveuse (10 épisodes de 50 mn par saison) un peu trop méconnue au regard de ses qualités.

11/05/2009

Isaac le pirate. En attendant le tome 6

Les pirates n'ont pas seulement réinvesti le cinéma. Les auteurs de BD se sont emparés à nouveau de ce genre depuis quelques années, soit avec une approche de BD d'aventures, comme Long John Silver (Dorison, Laufray) ou Le diable des sept mers (Hermann, Yves H.), soit avec une approche plus actuelle mélant humour, propos intimiste et récit d'aventure, comme c'est le cas avec la série Isaac le pirate, de Christophe Blain.

 

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815089867.gifDébutée en 2001, la série comporte à ce jour cinq volumes.  

Dans les trois premiers épisodes, l'imagination est au rendez-vous. Isaac (peintre juif, c'est un clin d'oeil aux BD de Johan Sfar) part dans des aventures lointaines, un peu malgré lui, pour peindre les aventures du pirate mégalomane et sanguinaire Jean Mainbasse. Pendant ce temps, sa compagne Alice vit sa vie à Paris.  Dialogues enlevés, situations originales, récit rythmé, personnages attachants... le mélange d'émotion, de folie et d'humour fonctionne à merveille. 

 

1749489486.jpg2056555583.gifIsaac s'éloigne de la piraterie dans le 4ème épisode où il regagne la capitale. Le récit perd un peu la vigueur et le rythme qu'il avait dans les premiers opus. Panne d'inspiration ? Le volume 5 intitulé Jacques - confirme cette tendance. Le récit se réoriente, hésite à prendre de nouvelles directions. Christophe Blain laisse libre cours à son imagination, mais les personnages semblent un peu perdus dans le dédale des rues parisiennes et le lecteur s'y perd aussi. Pas de nouvel opus depuis la sortie du tome 5 en 2005. Une pause bénéfique en attendant le sixième (et dernier ?) volet ?  Esperons que nous pourrons en juger bientôt.