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14/05/2007
Quel projet pour la gare de Longueau ?
Des milliers de personnes prennent le train à Longueau pour rejoindre Paris, ou bien Creil, Montdidier, St Quentin....
La gare de Longueau, c’est aujourd’hui un parking qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres sans aucun aménagement, dans la gare ni aux abords. Ceci peut et doit changer.
Cela revient à Amiens métropole, à la SNCF et à l’Etat.
Mes propositions :
- Renforcer les transports collectifs pour qu’ils desservent mieux le sud amiénois et soient enfin articulés avec les heures de train ;
- Améliorer le confort et la rapidité des trains entre Paris et Amiens. Les prouesses technologiques du TGV sont une bonne chose,. il faut également que les lignes Corail Intercités soient modernisées et cadencées,
- Constituer à la gare de Longueau un pôle de services ouvert en matinée et soirée : presse, toilettes, repassage, garage et reparation de vélos, dépôt de pain, surveillance du parking…
Les centaines d’usagers de la gare ont droit à une meilleure considération. Chaque jour, c’est un petit quartier d’Amiens métropole qui passe par la gare de Longueau.
Pour cela, il faut un projet, des idées, des propositions, des budgets….
22:35 Publié dans Amiens, Urbanisme et déplacements | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : déplacements, train, transports, services, Amiens métropole
































Commentaires
Un territoire est un amalgame complexe d’individus, de groupes d’intérêts, d’institutions, d’organisation, de secteurs d’activités, de préoccupations sociales et de ressources naturelles et culturelles.
Il est de plus en plus conditionné par un processus de mobilité généralisée qui touche à la fois ses habitants, ses richesses et ses activités. Il s’inscrit indélébilement dans des flux qui le transforment si il sait les capter.
Les gares, comme d’autres équipements, constituent des points d’échange et de pénétration essentiels des flux de personnes, de biens et de services. Il est essentiel et urgent de s’en préoccuper autrement qu’au travers du prisme réducteur et ruineux de l’esthétique très relative de l’espace publique.
Amiens est une ville fragile, démographiquement, économiquement et socialement, dans une zone d’emploi défavorisée.
• Le taux de variation de la population est très faible (+ 0,25 annuel sur 15 ans dont une variation due au solde migratoire négatif - 0,15 tout particulièrement dans les tranches 16/30 ans) affirmant le vieillissement de la population.
• Plus de 50% des établissements, tous secteurs confondus, recensés sont des entreprises de services liés aux fonctions urbaines ordinaires, faiblement créatrices d’emplois et à durée d’existence assez courte ; qui génère beaucoup de précarité.
• Logiquement, le taux de chômage (11,3%) est supérieur à la moyenne nationale ; la médiane du revenu fiscal également (13751€ annuels) et la part des ménages imposés plafonne à 57,4%.
S’il faut prioritairement stopper l’étalement physique de la ville, le développement du dynamisme urbain est une condition de l’amélioration du sort des habitants et de la réussite d’une gestion alternative. Pour cela, quatre dimensions de la créativité et de l’originalité des territoires doivent être prioritairement repensées.
1. la compétition économique.
La concurrence économique internationale est une contrainte forte difficile à maîtriser. Personne ne peut, en l’état, prétendre pouvoir y échapper sans conséquences catastrophiques pour les populations et d’abord celles les plus en difficulté.
C’est un enjeu décisif.
Face à un capital européanisé et mondialisé, il faut européaniser le territoire et sa politique.
L’action des responsables locaux doit utiliser de moins en moins la création de zones d’activités ou la mise à disposition de terrains équipés toujours plus vastes et toujours plus excentrés.
L’activité économique locale doit obéir à une logique où les réseaux et le « soft » comptent d’avantage que l’espace et le « hard ».
L’action économique d’une agglomération comme Amiens passe par la valorisation des innovations techniques dans le génie urbain et le service aux activités : recyclage des eaux, économies d’énergie, sécurité environnementale, haut débit ...
2. le territoire immatériel.
La capacité d’invention d’un territoire ne se réduit pas à ses infrastructures, à ses bâtiments, aux objets physiques qui remplissent son espace ou aux images publicitaires qu’il construit.
Il est surtout riche du savoir-faire, des compétences, des tours de main et des réseaux de ses habitants. Difficilement mesurable, ce « fonds de commerce » est capital pour évaluer les potentialités d’un territoire et il conditionne sa créativité. Il est toutefois très mobile et peut s’évanouir très vite. Ce risque rend cruciale l’action spatiale pour attirer les compétences et retenir les talents :
• mettre à disposition des créateurs et des habitants des espaces pour y accueillir des activités artistiques ou culturelles qui ont du mal à trouver leur place dans les lieux et les structures classiques.
• Appuyer les cultures urbaines originales nées dans les quartiers
• Soutenir les réseaux associatifs et culturels qui contribuent à renforcer le « lien social »
• Créer des « évènements » qui rassemblent les populations dans des manifestations collectives à très fort potentiel identitaire
Toutes ces initiatives ont pour résultat de mettre en valeur la capacité d’innovation locale, de renforcer la solidarité territoriale et de valoriser la ville à l’extérieur.
Les espaces modernes ne se « gouvernent » pas comme celle du passé :
• les conseils de quartier doivent réellement permettre d’impliquer la population dans les projets qui la concerne directement et de solliciter sa capacité créative ;
• le dynamisme doit se concevoir en termes d’alliance par la mise en place de réseaux de villes pour y parvenir.
3. les nouvelles cultures locales.
La culture est un ressort important de la créativité et du dynamisme urbain. La société mondialisée brasse les peuples, mélange leurs cultures et oppose quelque fois leurs valeurs. Entre repli communautaire et ouverture multiculturelle, les territoires cherchent leur voie. Ils s’inventent et se forgent de nouvelles identités, à partir des éléments parfois conflictuels des patrimoines de leurs habitants.
Certains territoires réussissent mieux que d’autres cet exercice de refondation collective. Les villes européennes (au sens qualitatif du terme) seront celles qui sauront inventer un espace politique où chacun trouvera sa place et pourra partager une ambition collective. Emportées par la vague de fond du vieillissement, les villes d’essence européenne doivent accueillir et intégrer les populations venues d’ailleurs.
Nées de l’altérité, de la mise en tension et parfois de la confrontation les nouvelles cultures urbaines peuvent être le symbole d’une cohésion et d’une fierté collective retrouvées.
4. l’individualisation des besoins sociaux.
Les tendances lourdes qui caractérisent les mutations sociologiques obligent les territoires à d’avantage d’invention dans les programmes et les outils d’aménagement. Si elles veulent trouver une clientèle, les grandes opérations d’urbanisme doivent offrir des « formes urbaines » diversifiées. Les contenus des projets, les « tours de table » qui les financent, les procédures qui les encadrent doivent changer.
La durée et la complexité des projets d’urbanisme, la multiplicité de leurs acteurs et la diversité de leurs impacts ne facilitent pas l’appropriation de ces projets par leurs futurs usagers. Il est impératif de mettre en place des procédures originales de concertation, de mettre à la disposition des habitants des budgets participatifs qui leur permettent d’organiser le débat local, de faire réaliser des expertises contradictoires et indépendantes, voire de préparer de véritables contre-projets.
Il y a chez les hauts dignitaires locaux quand ils évoquent le rêve de la métropole européenne des accents inimitables propres au Général Bugeaud quand il parlait des djébels algériens. La conquête et l’annexion pour la gloire de l’empire et le bonheur des indigènes.
Le territoire amiénois a d’autres atouts pour d’autres ambitions. L’ambition de la ville européenne est une aventure exaltante qui n’a rien à voir avec les seuils démographiques et le nombre d’hectares urbanisés ou bétonnés.
C’est tout au contraire une invention de sens qui ne peut être réalisée que « sous les valeurs de solidarité, avec les armes de la démocratie, face à la dictature des marchés ; »
Ecrit par : JF VASSEUR | 18/05/2007
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