26/06/2009
Scapin
"Vous vous moquez : la tranquillité en amour est un calme désagréable ; un bonheur tout uni nous devient ennuyeux ; il faut du haut et du bas dans la vie ; et les difficultés qui se mèlent aux choses réveillent les ardeurs, augmentent les plaisirs"
Les Fourberies de Scapin
avec l'atelier Théâtre de la compagnie Les Valeureux
- Saleux, salle André Chauvin, lundi 29 juin, 20h30
- Dreuil-lès-Amiens, salle des fêtes, mardi 30 juin, 20h30
- Vers-sur-Selle, salle des fêtes, mercredi 1er juillet, 20h30
- Saveuse, salle des fêtes, jeudi 2 juillet, 20h30
réservation : 03.22.42.79.96
12:57 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les fourberies de scapin, molière, compagnie les valeureux
13/06/2009
Osez l'arabe !
Une contribution que j'ai rédigé pour le site Novo Ideo (qui sera en ligne prochainement).
En résumé : la langue arabe est reléguée dans l'enseignement secondaire public. Son apprentissage pourrait être un atout pour de nombreux jeunes qui ne trouvent son enseignement que dans les lieux de culte.
Ce serait une vraie politique de reconnaissance de la diversité de la population, d'intégration et d'ouverture culturelle de proposer plus largement l'arabe en deuxième langue vivante.
La contribution entière est d'ores et déjà disponible sur le site de Philippe Meirieu.
13:53 Publié dans Education, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, société, arabe, laïcité, langues vivantes
01/06/2009
Ivanov (au Théâtre du nord-ouest)
Ivanov, bourgeois perpétuellement névrosé, insatisfait, et incapable de prendre une résolution, est balloté entre une femme malade qui l'ennuie et son médecin moraliste, une famille de voisins et amis qui l'accueille dans de fausses joies et où il trouve déjà sa future femme, un régisseur vénal et hableur qui lui renvoie une image qu'il ne veut pas voir, celle de la recherche de l'argent et des plaisirs. Il n'y a pas de doute, c'est bien une pièce de Tchekhov !
L'intérprétation proposée au théâtre du nord-ouest est très convaincante. Je renvoie des critiques rédigées sur d'autres sites (froggy's delight, marie ordinis) pour celles et ceux qui voudraient un point de vue détaillé. Attention, la salle est particulièrement inconfortable.
13:51 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ivanov, tchekhov, théâtre
31/05/2009
MI 5, série sous tension
10:48 Publié dans Séries tv | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mi5, espionnage, série tv, 24, dexter
11/05/2009
Isaac le pirate. En attendant le tome 6
Les pirates n'ont pas seulement réinvesti le cinéma. Les auteurs de BD se sont emparés à nouveau de ce genre depuis quelques années, soit avec une approche de BD d'aventures, comme Long John Silver (Dorison, Laufray) ou Le diable des sept mers (Hermann, Yves H.), soit avec une approche plus actuelle mélant humour, propos intimiste et récit d'aventure, comme c'est le cas avec la série Isaac le pirate, de Christophe Blain.


Débutée en 2001, la série comporte à ce jour cinq volumes.
Dans les trois premiers épisodes, l'imagination est au rendez-vous. Isaac (peintre juif, c'est un clin d'oeil aux BD de Johan Sfar) part dans des aventures lointaines, un peu malgré lui, pour peindre les aventures du pirate mégalomane et sanguinaire Jean Mainbasse. Pendant ce temps, sa compagne Alice vit sa vie à Paris. Dialogues enlevés, situations originales, récit rythmé, personnages attachants... le mélange d'émotion, de folie et d'humour fonctionne à merveille.

Isaac s'éloigne de la piraterie dans le 4ème épisode où il regagne la capitale. Le récit perd un peu la vigueur et le rythme qu'il avait dans les premiers opus. Panne d'inspiration ? Le volume 5 intitulé Jacques - confirme cette tendance. Le récit se réoriente, hésite à prendre de nouvelles directions. Christophe Blain laisse libre cours à son imagination, mais les personnages semblent un peu perdus dans le dédale des rues parisiennes et le lecteur s'y perd aussi. Pas de nouvel opus depuis la sortie du tome 5 en 2005. Une pause bénéfique en attendant le sixième (et dernier ?) volet ? Esperons que nous pourrons en juger bientôt.
16:23 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christophe blain, bd, bande dessinée, pirates
27/04/2009
La fille en noir et blanc
Le noir et le blanc étaient ses couleurs. Tennis blanches, bottines noires, jeans et vestes noirs, chemisiers et tee-shirts blancs : pas d'autres vêtements. Si, la jupe à carreaux. C'était une femme demi-deuil. Elle devait avoir, à son avis, le teint pâle, se maquiller peu. Cela laissait présager, d'après la femme de ménage, un naturel réservé et grave, plus enclin à la rêverie qu'à la parole. Elle l'imaginait profondément engloutie en elle-même, amarée à un noeud secret dont elle eût été incapable de se défaire et même de décrire la figure compliquée. Comme une sorte d'ancre plantée dans quelque vase intérieure, et qui l'eût douloureusement retenue en elle (elle ne le disait pas, bien sûr, en ces termes là exactement : son origine espagnole lui faisait utiliser le beau mot d' "ensimismada", qui est une adjectivation d' "en soi-même"). C'est ainsi qu'elle la voyait, idole cireuse, silencieuse et farouche, en proie à des peurs qu'elle n'aurait su désigner, mais que peut-être elle avait appris à ménager et même à cultiver comme la partie la plus indubitable d'elle-même. Mais aussi bien, peut-être se trompait-elle, et était-ce une petite dinde futile et cruelle. Cela aussi, se pouvait.
Olivier Rolin, Port Soudan, chapitre 2
23:57 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : port-soudan, olivier rolin
16/04/2009
La "journée de la jupe" lance le débat
Autant le film déçoit par ses piètres performances "artistiques" (c'est parfois invraisemblable et caricatural... en dehors d'I. Adjani, les interprêtes ne sont pas toujours convaincants), autant il faut lui reconnaître le mérite de mettre les pieds dans le plat sans détour sur un sujet difficile.
Même si le film emprunte certaines facilités, il échappe à certains travers qui auraient pu se replier sur lui. Il traite de sujets actuels, crus et tendus, où il pourrait être facile de trouver prétexte à une interprétation de mauvaise foi : racisme, sécurité, éducation, banlieue, religion... sexisme enfin et surtout. Et sur cette difficulté majeure, le film s'en sort très bien.
C'est le propre d'une République de s'infliger ce débat douloureux sur ses propres limites. Le film appuie là où ça fait mal. La prof qui finit par péter les plombs et se révolter contre ses élèves n'est pas une personne sans repères, naïve, dépassée... voir une réac' ou une personne simplement intolérante, c'est au contraire une enfant de l'école publique, qui a su en tirer ce qu'il y a de meilleur pour s'élever vers la culture et à l'acte d'enseigner... Elle se retrouve confrontée à une classe arrogante où seuls comptent les rapports de domination et la violence. C'est l'échec. L' échec de cette prof de français est celui de l'école, et celui de l'école est celui d'une société qui passerait à côté de certaines de ses missions si elle en venait à oublier le système de valeurs qu'elle est sensée transmettre au-delà de tout savoir : la tolérance, le respect du à autrui, la laïcité, l'égalité des sexes,... la démocratie.
C'est là où le film pourrait jouer un rôle à contre-emploi : laisser penser à celles et ceux qui voient ça de loin que la situation vécue dans ce film est une sorte de banalité dans les collèges français des grandes villes. Heureusement, ce n'est pas le cas. Il y a une grande quantité de personnels qui agissent et réflechissent, notamment dans les collèges qui connaissent les situations les plus difficiles.
Mais il est sans doute vrai que le film pointe un état de tension entre une partie de la société française et les modèles que l'école entend transmettre, via ses éducateurs qui sont en première ligne. Le Monde en a rendu compte dans un article consultable ici. Je ne vais pas ici reprendre les verbiages sur le "malaise enseignant" ou sur la crise que traverse la société, car c'est justement ainsi qu'on s'appesentit sur des aigreurs sans fond dont il ne peut ressortir que des propos radicaux et définitifs qui visent à faire table rase de la situation actuelle, qui est complexe.
Il y a pourtant un certain public qui ne comprend pas les valeurs de l'école, et aussi une certaine école qui ne sait plus s'adresser à ses élèves alors que ce devrait être sa mission première. Cette incompréhension, qui se transforme en ironie, en rapport de force, en souffrance, en violence... elle se cristallise finalement ici sur la question du droit que les femmes doivent avoir de s'habiller comme elles le veulent pour "porter une jupe sans être traitée de pute". Et vivre aussi librement que les hommes nécessite de bousculer quelques principes de l'école dont la neutralité pourrait s'assimiler à de l'indifférence. L'école doit transmettre des valeurs, et pour défendre les droits des femmes ou des filles à s'habiller comme elles l'entendent et à être respectées, cela signifie qu'il faut aller au devant de toute religion qui le proclame, de la coutume qui le banalise, de l'entourage qui le conforte.
Pas si facile quand on est dans ce type d'établissement (ce n'est pas vraiment mon cas, même s'il y a ici et là quelques échos dans mon lycée) et quand on demande à l'école d'être sur-responsable et de tout faire. Et pas si facile quand on est progressiste et que cette question de société vient percuter bon nombre d'idées reçues. Car le prisme de la lutte des classes, celui de la domination économique, est ici inopérant. Parce qu'on a beau être antiraciste, anticolonialiste (au sens où on comprend l'histoire qui est en amont de cette situation), aspirer à combattre les inégalités, il faut bien concevoir que les termes du débat sont posés en d'autres termes que ceux qui sont utilisés traditionnellement par la gauche. Derrière la banalisation du rapport de force comme seul mode de communication, c'est la barbarie qui prend le pas sur la démocratie, c'est le machisme qui s'impose de façon sauvage, c'est l'école qui est remise en question comme institution légitime. Et cette même école, sensée éduquer et favoriser un progrès social par l'accès à la connaissance, ne semble pas avoir trouvé les moyens pour y répondre, restant parfois figée sur son organisation et sur la transmission de savoirs académiques.
Les réponses ne sont pas formulées. Le film pose les termes d'un débat et nous invite à y réfléchir, et en cela il s'agit d'une vraie réussite que peu de films arrivent à susciter. Ce film suscite d'ailleurs une prose abondante, comme cela avait été le cas pour Entre les murs, et je renvoie notamment aux billets forts intéressants qui ont été publiés sur le site de Philippe Meirieu et sur le blog de Luc Cédelle, qui renvoient eux-mêmes à d'autres points de vue. A nous tous de continuer ce débat.
13:01 Publié dans Cinéma, Education, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journée de la jupe, éducation, laïcité, sexisme, société, droits des femmes
09/04/2009
Le prince André, le ciel d'Austerlitz
Il n'avait pas encore achevé sa phrase que le prince André qui sentait des sanglots de rage et de honte lui monter à la gorge, sautait de cheval et se précipitait vers le drapeau.
- En avant ! mes enfants ! cria-t-il d'une voix perçante, enfantine.
"Voici le moment!" se dit-il en saisissant la hampe du drapeau, et il entendit avec délice le sifflement des balles, évidemment dirigées contre lui. Quelques soldats tombèrent.
- Hourra ! s'écria le prince André, maintenant avec peine dans ses mains le lourd drapeau, et il fonça, absolument certain que tout le bataillon le suivrait.
En effet, il ne fit seul que quelques pas. Un soldat, puis un autre le suivirent, puis tout le bataillon, au cri de "Hourra !" se précipita sur ses traces et le dépassa. Un sous-officier saisit le drapeau qui, trop lourd, vacillait entre les mains du prince André, mais tomba aussitôt, frappé à mort. Le prince André reprit le drapeau et le trainant par la hampe, courut avec le bataillon. Il voyait devant lui nos artilleurs dont les uns se battaient tandis que d'autres abandonnaient les pièces et fuyaient, refluant vers lui ; il voyait aussi les fantassins français s'emparer des chevaux des artilleurs et tourner les canons contre les Russes. Le prince André et le bataillon n'étaient plus qu'à vint pas des canons. Il entendait au-dessus de lui le sifflement ininterrompu des balles, et à sa droite et à sa gauche, des hommes tombaient en gémissant. Mais il ne les regardait pas, uniquement attentif à ce qui se passait devant lui, sur la batterie. Il voyait distinctement un artilleur roux, le shako de travers, tirer à lui un refouloir qu'un soldat français essayait de lui arracher. Le prince André distinguait maintenant l'expression hagarde et rageuse des deux hommes qui, manifestement, ne comprenaient pas ce qu'ils étaient en train de faire.
"Que font-ils donc ? se demandait le prince André, en les regardant. Pourquoi le roux ne s'enfuit-il pas, alors qu'il est sans armes ? Pourquoi le Français ne frappe-t-il pas ? Il va se rappeler qu'il a un fusil et le percer de sa baïonnette."
Et en effet, un autre Français, baïonnette en avant, accourut vers les deux lutteurs, et le sort de l'artilleur roux qui ne se rendait toujours pas compte de ce qui l'attendait et qui avait réussi à arracher triomphalement le refouloir, allait être réglé, mais le prince André ne vit pas comment cela finit. Il lui sembla qu'un soldat qui se trouvait près de lui, le frappait à la tête de toute la force de son bras avec un gros bâton. Ce n'était pas très douloureux, plutôt désagréable, parce que la douleur détournait son attention de ce qu'il regardait.
"Qu'est-ce qui se passe ? Je tombe ? Mes jambes se dérobent", se demanda-t-il et il tomba sur le dos. Il ouvrit les yeux, voulant savoir comment s'était terminée la lutte des Français et des artilleurs, si le rouquin avait été tué ou non, si les canons avaient été pris ou sauvés. Mais il ne vit rien. Au dessus de lui il n'y avait que le ciel, un ciel haut, légèrement voilé et cependant infiniment haut, sur lequel glissaient lentement des nuages gris. "Quel silence, quelle paix et quelle majesté songeait le prince André. Ce n'est plus du tout comme lorsque je courrais, plus du tout comme lorsque nous courrions, criions et nous battions, plus du tout comme lorsque le Français et l'artilleur, le visage convulsé de terreur et de rage, s'arrachaient le refouloir. Ce n'est pas du tout ainsi que glissent les nuages dans le ciel infiniment haut. Comment se fait-il que je ne voyais pas auparavant ce ciel infini ? Et quelle joie de le connaître enfin ! Oui, tout est vanité, tout est mensonge à part ce ciel. Rien, rien n'existe que lui... Mais cela aussi n'existe pas. Il n'y a rien, il n'y a que le silence, le repos...
Toltoï, Guerre et paix, Livre I, troisième partie, chapitre XVI
23:59 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre et paix, toltoï, ciel d'austerlitz
08/04/2009
Loin d'être parfait
Avez-vous envie de vous plonger dans les névroses de petits bourgeois coincés, enfants de la seconde génération d'immigrants asiatiques de la côté ouest des Etats-Unis ?
Dit comme cela, pas sur que Loin d'être parfait soit une b.d. très engageante. Et pourtant, il s'agit d'une BD d'auteur à découvrir. Adrian Tomine prolonge le trait fin qu'il avait initié dans les quatre petites histoires de l'excellent Blonde platine. On retrouve le même art de dire beaucoup de choses avec une facture assez sobre, aussi bien au niveau des textes que du graphisme.
Il s'agit ici d'une seule histoire, sur une centaine de pages. Usure du couple, complexes, difficulté à vivre sa libido ou à s'extérioriser, tous les personnages sont prisonniers des limites qu'ils s'imposent, et restent enfermés dans leur petite ville d'Oakland... et au milieu de leur désarroi, une ligne finit par séparer ceux qui restent et ceux qui partent ; celui qui n'arrive pas à se réaliser - replié sur ses propres certitudes - et celles qui se dépassent en s'ouvrant à d'autres horizons.
Fluctuat.net a publié un bon article sur l'album et une interview d'Adrian Tomine. Une autre interview de cet auteur figure sur le site de Bodoï.
17:43 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : adrian tomine, bd, etats-unis
06/04/2009
Carnivale

La série Carnivale (La caravane de l'étrange en français) est passée injustement inaperçue. C'est pourtant une série diablement réussie. Sans doute a t-elle été pénalisée par une interruption en fin de deuxième saison alors que ses créateurs en prévoyaient six.
Sans rien dévoiler, on peut indiquer ici que le décrochage de fin de série n'empêche pas d'en profiter pleinement même s'il laisse des portes ouvertes. Il serait dommage de passer à côté de cette pépite télévisuelle, extraite d'un filon sombre et poussiéreux. Une critique fort pertinente a été publiée sur l'excellent blog Le Monde des séries.
Le thème est sombre : la grande dépression des années 30, les errances d'une troupe de forains avec sa peuplade de "monstres" et d'escrocs d'une part, et les phantasmes grandiloquents d'un prêtre qui se sent envahi par une mission sacrée d'autre part. Ambiance fantastique qui rappelle Freaks, image travaillée (couleurs qui coincident avec l'ambiance fantastique, prise de vue soignée), comédiens impeccables, quelques échos de Lynch (dont on retrouve un comédien fétiche, Michael J. Anderson, dans le rôle de Samson).On aurait aimé voir la suite, mais cette série n'a pas rencontré son public outre-atlantique. Restent 24 épisodes qui se regardent avec angoisse et ferveur.
Un site français est consacré à la série, consultable en suivant ce lien.
08:16 Publié dans Séries tv | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : série tv, carnivale, la caravane de l'étrange
05/04/2009
George Dandin (par la Belmont compagnie)
George Dandin, de Molière, sera à nouveau présentée à Fourdrinoy le 9 mai, à 20h30, après une première réussie à Saleux samedi 4 avril. La pièce est jouée par la Belmont compagnie (compagnie amateur liée à la compagnie Les Valeureux).
19:30 Publié dans Copinages, Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théatre, molière, george dandin
28/03/2009
Paracuellos. Terriblement drôle.
Paracuellos est le nom d'un foyer de l'assistance publique espagnole. Carlos Gimenez y décrit le quotidien de gamins (dont lui-même) laissés à la garde de religieuses aigries et de surveillants miliciens dans l'Espagne des années 50. Rien que du vécu.
C'est terrible (j'ai renoncé à compter le nombre de baffes et autres brimades...) mais aussi terriblement drôle. Gimenez décrit des histoires de gosses perpetuelllement affamés, écrasés entre le sabre et le goupillon, toujours dans l'attente des visites de parents... Ses souvenirs, et ceux d'autres pensionnaires de l' "Auxilio social" auprès desquels il a recueilli toutes ces histoires mordantes de vérité, fournissent un cadre féroce mais où les bétises et astuces enfantines apparaissent d'autant plus naïves et drôles. Un léger trait de caricature dans le dessin et dans les caractères fait justement ressortir la fraicheur des situations. C'est l'occasion d'une géniale collection de personnages chez les pensionnaires. On se familiarise avec Pablito (le dessinateur, fan de comics), Pirracas (le mangeur les mouches), Pichi (l'effronté), Sancha (le profiteur), Peribanez (celui qui fait des vocalises et qui vole au dortoir pour se venger), les terribles frères Pirana...

Les portraits des adultes ne sont pas moins réussis. Antonio, le surveillant qui donne une baffe d'un coup à 9 gamins ; l'infimière aveugle qui soigne à côté des plaies ; la mère Josefina qui exige de la "discipiline", le père Rodriguez qui met des baffes à deux mains pour que sa victime reste debout et puisse en reprendre aussitôt une deuxième...
En lisant vous aurez mal au ventre devant la brutalité cet univers autoritaire imergé dans l'espagne de Franco, mais ce sera aussi parce que vous vous serez tordu de rire. Il faut saluer l'excellente initiative de Fluide glacial d'avoir publié l'intégrale des six volumes.
09:26 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gimenez, franquisme, espagne, bd, bande dessinée
22/03/2009
Revoir Mulhollande Drive
Mulholland Drive, cette route sinueuse et pentue qui surplombe Los Angeles est à l'image de la succession de virages que le film emprunte.
Chargée d'une aura de mystère, la route donne son nom au film en revenant sur les traces de la Lost Highway, titre du film précédent de David Lynch. Les films ont d'ailleurs beaucoup de similitudes, mais Mulholland Drive a dépassé l'ensemble des créations précédentes de David Lynch pour atteindre une forme d'accomplissement. On ne parlera pas ici de maîtrise, de maturité ou de sagesse, autant de concepts inadequats devant la liberté formelle de Lynch, d'autant plus que l'imagination et l'intuition occupent depuis longtemps chez lui une place prépondérante qui le rend si inclassable. L'expérience accumulée de Lynch au détour des ses aventures cinématographiques, télévisuelles, graphiques, musicales... est ici au service d'une oeuvre de cinéma qui nous touche et nous intrigue.
Ce qui a décontenancé bon nombre de spectateurs, mais qui constitue l'une des forces du film, c'est sa construction chaotique, ouvrant et fermant des portes dans des directions qui sont franchement déconcertantes au premier visionage. Le spectateur peut se braquer, ou se laisser porter, mais il cherche toujours à retrouver l'équilibre perdu à la sortie du film. Il voudra reconstituer le puzzle dont il a perçu ici et là que des pièces s'assemblaient. Il faut un ordre, une suite, une logique... notre penchant cartésien a été malmenné pendant 2h30 mais avec suffisamment de subtilité pour être maintenu en éveil : c'est un cendrier, une clé bleue, un téléphone, un personnage habillé en cow-boy, un prénom... qui surgissent comme autant d'indices susceptibles d'autoriser une reconstitution a posteriori. C'est précisément l'une des forces du film de déclencher cette interrogation et cette aspiration à comprendre. Ces 2h30 de suspension de la rationnalité sont l'une des forces majeures du film car cette apnée constitue en soi une expérience étrange que peu de films auront réussi à insuffler chez leurs spectateurs.
Celles et ceux qui cherchent ces clés (que nous avons tous cherché après l'avoir vu) pourront trouver leur bonheur dans les nombreux forums de discussion et sites internet qui exposent les hypothèses, sachant que Lynch laisse penser que chacun peut habiter les pistes proposées au gré de sa propre imagination. L'un des meilleurs refuges pour trouver une explication peut être visionné dans un court documentaire que l'on peut voir ici/partie 1 et là/partie 2.
Mais cette quête de rationnalité bien naturelle ne doit pas empêcher de regarder le film en se laissant emporter par l'entremêlement étrange des événements, comme nous nous laissons emporter dans le doux délire d'un rêve ou d'un cauchemar, où la cohérence marque le pas sur les émotions, ce qui leur permet de prendre davantage de place.
Cette percée des émotions est la deuxième grande réussite du film. Rendue possible par la décomposition du récit, elle autorise l'émergence d'ambiances mystérieuses, érotiques, fantaisistes... que le spectateur peut habiter en y projetant ses propres désirs et ses propres peurs, car notre imagination cherche à combler les failles du récit.
Peur primale
Ainsi, la scène du Twinkie renvoie à une peur profonde, irrationnelle, comme celle que nous avons tous connu un jour dans un cauchemar où nous nous sentons impuissants face à une menace ou un événement terrible.
Lorsque cette scène surgit, nous ne connaissons ni les lieux, ni les protagonistes. Nous ignorons tout de son inscription dans les événements. Il faut bien regarder la façon de filmer - en ondulant autour des épaules des personnages - qui créée une atmosphère flottante. Par ailleurs, les sons d'ambiance sont absents. On entend uniquement les deux personnages principaux parler. Autant d'éléments qui renforcent de façon subtile le climat étrange de la scène pour installer progressivement la terreur.
Le péril sensuel
Sensualité domination, jalousie, pulsions... Avec les personnages féminins Camilla/Rita et Diane/Betty, nous approchons des mystères de la de la transgression, des rapports sociaux qui s'établissent derrière les jeux de la séduction,...

L'inversion des rôles qui s'opère entre les deux personnages renforce ce trouble : la fille perdue et dominée devient celle qui décide et définit les règles du jeu, quand celle qui était si audacieuse, volontaire et euphorique devient dépressive, perdante, et aigrie. D'autres personnes viennent troubler cette relations déjà déséquilibrée : Adam, le metteur en scène, mais aussi la blonde Camilla qui réapparait dans la réalité sous les traits de la fille au baiser.
Les images sont magnifiques. Les actrices sont belles, et c'est aussi l'attention portée auparavant à leur peau, à leurs visages, à leurs vêtements, aux cheveux... qui fait monter crescendo cette ambiance de sensualité, jusqu'à la chute violente que Diane va éprouver dans la seconde partie, alors qu'elle devient le spectre endolori de Betty, dans l'ombre d'une autre.
L'illusion du cinéma
Aspiration à la gloire, allégorie du changement d'identité, images mythiques du cinéma (Rita Hayworth, studios hollywoodiens), David Lynch se sert du cinéma dans un jeu de miroir. Le cinéma est illusion, le récit est illusion... Le spectateur troublé se comporte comme le personnage amnésique. Nous habitons le film avec nos propres intuitions en nous agrippant à ce que nous identifions. Betty projette ses rêves d'enfance sur le monde hollywoodien qu'elle découvre et qui s'avère un tapis de roses prêt à l'accueillir bras ouverts... Ah, si seulement la réalité était aussi belle.
Maîtres inconnus
Figures étranges : le nain démiurge, le monstre sorcier ou le cow-boy omniscient viennent ponctuer le film, marquer des ruptures dans le récit tout en nous précipitant dans l'inconnu. Nous sommes perdus, nous ne comprenons plus, nous cherchons des réponses.


Et finalement, comme Adam, nous remettons notre destin entre les mains de celui qui se présente.
Le déséquilibre qui s'est installé nous a mis en péril. Nous avons peur du vide, de l'inexpliqué, de l'inconnu... La distillations de ces éléments indicibles ravive notre soif de comprendre. Les personnages ne semblent pas maîtriser leur destin, ce sont ces personnages improbables qui tirent les ficelles (comme avant eux le personnage sombre de Lost highway, le nain et le géant de Twin peaks...). Mais peut-être sont-ils plutôt une incarnation des démons intérieurs des personnages.
L'inconnu, la peur, le mystère, l'illusion... autant de cheminements où nous explorons les désirs du corps (sexualité, sensualité des actrices, des images, des situations...) et l'aspiration à exister (au travers du cinéma, en étant quelqu'un pour l'autre...). Si Mulholland drive est un film qui a été si souvent apprécié, c'est n'est pas seulement en raison de son esthétisme visuel et musical, ou de la décomposition astucieuse du récit, c'est aussi parce qu'il forme un écho de mythologies anciennes ou récentes qui résonnent en nous, et permettent au spectateur d'approcher des sensations profondes et authentiques au travers de l'allégorie qui se déroule sous ses yeux.
19:55 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : david lynch, cinéma, mulholland drive, etats-unis, mythologie
21/03/2009
Oncle Vania (aux Bouffes du nord)
Belle représentation ce vendredi 20 mars aux Bouffes du nord. Bien sur, c'est d'abord le texte de Tchekhov qui sert la pièce, avec cette désillusion sournoise qui habite tous les personnages.
La mise en scène, relativement sobre, est efficace et convaincante. Sans faute du côté des comédiens, avec une pièce qui repose sur le duo Philippe Torreton (Astrov, le médecin, écolo avant l'heure) et Didier Benureau (l'oncle Vania), lequel s'avère touchant en révolté tardif et impuissant. Un changement de registre réussi.
23:30 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre, torreton, benureau, tchekhov, oncle vania
13/03/2009
Watchmen : Anti Super-héros
Sommes nous arrivés à l'ère des blockbusters intelligents ? Jusqu'à présent, les deux mots n'allaient pas tellement ensemble. Un blockbuster, c'était du lourd, de l'évident, du bien épais sans jointures qui vous donne des stars et/ou des effets spéciaux en échange du prix du billet, et tant pis pour la vraisemblance, l'histoire, la psychologie des personnages, la subtilité... Alors je n'ai pas fait grand cas de la sortie du film Watchmen dans un premier temps, et en lisant ce que les critiques en disaient ici et là, cela a aiguisé ma curiosité.
Certes, le film Watchmen adapte une Bande dessinée culte qui posséde un réel contenu narratif, mais il est justement surprenant que celui-ci ait été préservé dans ce film intrigant, dérangeant,... où des des super-héros déprimés et cyniques traversent ce film chaotique pendant 2h30.
C'est un mythe revisité. Les super-héros sont traditionnellement l'incarnation idéalisée du rêve américain. Ils présentent vision positiviste de l'histoire qui glorifie la science et le dépassement individuel dans un monde binaire ou s'affrontent le bien et mal.
Watchmen prend le contrepied de cette approche en présentant des super-héros qui n'en sont pas vraiment (sauf un), la plupart névrosés accomplissant les basses besognes de gouvernements réacs (dans un monde ou Nixxon est réélu pour la cinquième fois après avoir remporté la guerre du vietnam grace à eux). Comme la critique du Monde l'a justement noté : Jamais l'Amérique n'avait montré des superhéros aussi abîmés et cyniques.
Perdus entre leurs obsessions personnelles, leurs idéaux, la distance qu'ils mettent entre eux et le commun des mortels, ils accomplissent des actions contradictoires, se cherchent... Nous avons face à nous des personnages destructurés, et la construction habile du film, entremêlant flash-backs sur les personnages et trame centrale, l'illustre très bien. Il y a aussi une B.O. compilant des chansons sixties qui fonctionne d'autant mieux qu'elle semble décalée.
Bien sur, on en prend plein la vue avec des effets spéciaux qui nous bluffent, mais ils sont bel et bien au service d'une histoire. Le film n'est pas sans faiblesses notamment avec quelques scènes trop appuyées. Paradoxalement, ce sont parfois les scènes de bagarre qui semblent plaquées dans un film qui dispose de bien d'autres atouts, et qui sait maintenir jusqu'à la fin une profonde ambiguité dont on ne peut se départir - tant vis-à-vis des personnages que vis-à-vis de l 'histoire, et ce n'est pas le moindre mérite de ce film que de nous intriguer à ce point.
19:37 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : watchmen, etats-unis, cinéma
09/03/2009
T'as voulu voir Gainsbourg, t'as vu Epidemik
1h30 d'attente à l'expo Gainsbourg de la cité de la musique. Trop long... on file à la cité des sciences pour voir l'expo Epidemik.
Deux grandes salles. L'une avec des videos de témoignages sur les grandes épidémies passées, présentées, possibles (tuberculose, grippe espagnole, maladie du sommeil, sida, sras, H5N1,...) et une grande fresque vidéo sur les nouveaux cycles épidémiques, insistant sur le réveil des labos en direction des pays du sud (l'expo est financée par l'institut pasteur et Sanofi).
Assez peu de précisions cartographiques sur l'expansion des épidémies.. ou scientifiques sur les maladies, des gadgets qui ne marchent pas.
Au dessus, une deuxième salle avec un jeu reconstituant l'arrivée du chikungunya à Nice (il y a d'autres scenarios) pas très compréhensible, donc ni instructif ni vraiment ludique.
Au final, c'est vite fait et on en a pas retenu grand chose, si ce n'est un décalage entre la campagne de pub qui a entouré l'expo et un contenu aussi décevant.
15:27 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : expos, santé, cité des sciences
06/03/2009
Ghinzu
en attendant le prochain album qui sort le 30 mars...
12:34 Publié dans Musiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ghinzu
13/02/2009
Revue de sites web et copinage
Behind music design, on y parle musique et images, et c'est une affaire de famille.
Emilie trouvait que les blogs c'était nul, puis elle a fait le sien. On le trouve ici. Mais elle ne se mettra jamais sur facebook, c'est promis...
Sur ce lien, la pétition contre les mesures improvisées (inefficaces et destabilisantes) du ministre de l'éducation nationale concernant l'absentéisme Pétition : Les CPE ne sont pas d'accord
Enfin, la compagnie Les Valeureux, parce qu'ils font du théâtre et qu'ils le font bien.
Et ici, il ne faut pas cliquer, car ça fait mal.
14:10 Publié dans Copinages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : musique, theâtre, liens, education
30/01/2009
Les noces rebelles. Golden gloups.
Si vous êtes dévoré par l'envie d'aller voir ce film (au choix : parce qu'on retrouve les acteurs de Titanic, parce que Sam Mendes est précédé d'une bonne réputation, parce que les critiques sont dans l'ensemble assez bonnes, parce que Kate Winslet a reçu 2 golden globes...), alors ne lisez pas ce billet.
L'histoire : un couple tourne mal et s'ennuie dans son train-train. Ils veulent partir en France, surtout elle. Il a une promo dans son boulot de merde et donc ils restent et se disputent. Drame. Elle meurt après une tentative d'avortement foirée. Fin.
Ca dure deux heures (c'est long deux heures) et s'il faut dire quelque chose de positif sur le film, on retiendra les acteurs. Il y a aussi une belle lumière et quelques effets chromatiques sympas.
Pour le reste, tout est attendu et appuyé, et finalement rien de tout cela n'est vraiment convaincant.
Le titre français pour commencer (les distributeurs peuvent encore en pondre quelques uns comme celui-là : "Les noces sauvages", " les noces déchirées", "les noces poubelle",...) qui remplace le titre original Revolutionary road qui était un peu plus original et à double tranchant. Mais ce n'est pas très grave.
La musique, en revanche, ca devient grave. Je ne sais pas quel effet ca vous fait d'entendre un pianiste qui a un répertoire de 4 notes. Moi, ça me rend teigneux. Surtout qu'ici les arpèges minimalistes sont sensés nous attirer des larmes. Un peu comme dans les show-télé avec les panneaux qui disent aux gens de rire ou d'applaudir. Ici, on a "tin tin tin tin (piano) : pleurez". Ils ont de la chance car j'ai déjà lancé mes chaussures sur l'ex-président Bush, sans quoi...
Et puisque je parle des choses appuyées dans le film, on va s'y arrêter cinq minutes. Car dans ce film tout est mon-tré, de façon bien lour-de. Ah, on vous le montre l'intérieur rangé des années 50, et même on le remontre, vous avez compris ? C'est la vie ordinaire, la femme au foyer, ... bon, on vous le remontre encore, au cas où vous n'auriez pas vu, avec un plan qui va durer quelques minutes. Vous n'avez pas compris ce que pensent les deux héros, alors on fait intervenir un personnage qui sort d'un asile et qui dit tout haut ce que tout le monde pense, comme ça on a des images appuyées (drame et re-drame) et on a même des dialogues qui viennent nous ex-pli-quer le film.
Et pour ne prendre aucun risque, le film ne sort surtout pas de ses rails. Si bien qu'on peut comprendre au début de chaque scène comment elle va se terminer. Un voisin qui a le béguin, un dancing, une voiture = ils couchent dans la voiture à la fin. bingo !
Kate Winslet a pu ajouter 2 golden globe sur sa cheminée grace au film. Demain les oscars.... Oui, elle joue bien. Mais on est ici dans la dérive qui consiste à faire un film en partant des acteurs pour broder autour. Alors vous avez intérêt à beaucoup aimer les acteurs en question.
08:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : revolutionary road, les noces rebelles, di caprio, cinéma, sam mendes
29/01/2009
Obama n'est pas noir
Le phénomène a été commenté à l'infini. Il y a une part de mythe, à moins qu'il ne s'agisse simplement d'espoir. Cet homme incarne une aspiration au changement et une ouverture au monde qu'on pensait disparues dans un pays qu'on imaginait définitivement conservateur et replié sur ses intérêts. Une chose est sure, il y une part d'irrationnel qui est accentuée par le désarroi et l'attente engendrés par la crise globale.
Les premières mesures sont emblématiques et confortent les espoirs, tant mieux. Mais il y a également une grande raison de se réjouir dans le fait qu'Obama soit métisse.
Car Obama n'est pas noir (d'ailleurs qui est vraiment noir ou blanc uniquement), il est métisse. Et c'est encore mieux. Non seulement il est un métisse de peau, de père noir et de mère blanche, mais il est le fruit d'un métissage culturel mixant des origines africaines, une jeunesse en Indonésie et son appartenance à la nation américaine.
Le métissage, le mélange des peuples et des cultures : quel meilleur antidote au sectarisme, à l'intolérance, au communautarisme, au rejet de l'autre, au mépris des différences, à l'orgueil des "imbéciles qui sont heureux d'être né quelque part" comme disait Brassens ;
quelle meilleure réponse à ceux qui brandissent leur identité au bout de leur drapeau, à ceux qui pensent que leur petite communauté doit imposer ses propres règles à la société, à ceux qui veulent enfermer, brider, opposer, dénoncer un ennemi, séparer le bien du mal, et qui pensent détenir la vérité entre eux en se coupant du monde tel qu'il est.
Quelle belle défaite du racisme quand certains voudraient opposer les races entre noirs, jaunes, blancs,... alors qu'il n'y a qu'une infime différence du taux de mélanine dans la peau entre les différentes populations.
Enfin, Obama a été élu parce qu'il était le meilleur candidat. Et non parce qu'il a bénéficié d'une discrimination positive en sa faveur. Il compte d'ailleurs revenir sur l'affirmative action (loi qui a eu son utilité dans une société bloquée où la distinction des couleurs de peau était officielle) pour que ce soient les critères sociaux qui priment dans la discrimination positive plutôt que les critères de couleur de peau.
Quelle belle victoire de l'enrichissement par la différence, le mélange, l'hybridation... Quoi de plus triste et terne qu'une musique qui vieillit parce qu'elle ne va pas à la rencontre des autres genres ? Qu'un cinéma qui s'endort (et nous endort) dans son "exception culturelle française" ?
A bas les quotas, les sociétés figées, les "chacun chez soi", les coutumes archaiques, le droit des ancetres qui n'autorise à parler que quand on a suffisamment d'ancêtres dans le cimetière... et vive le mouvement, la rencontre, le métissage... parce que c'est ça la vie.
12:58 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, etats-unis, metissage, démocratie, culture











































